S7: E19 Le plus grand show sportif de la planète débarque ici. Luc Dupont
June 11, 202601:00:09

S7: E19 Le plus grand show sportif de la planète débarque ici. Luc Dupont

Le prof Luc Dupont, monsieur médias et marketing, livre une performance remarquable dans ce Balado sur l'événement sportif le plus important jamais présenté en Amérique du Nord: La coupe du monde de la FIFA 2026.

- Est-ce que les Nord-Américains réalisent vraiment l'ampleur de ce qui s'en vient? - Comment expliques-tu que le soccer rassemble davantage de pays que les Jeux olympiques?

- Pourquoi le soccer est-il devenu un langage universel?

[00:00:04] Parent et Amis, avec Gilles Parent. Bonjour, bienvenue à Parent et Amis. Nous avons un sujet, j'essaie de dire comment au plan publicité, marketing, on peut avoir plus gros que ça. Le seul événement qui me vient en tête c'est les Jeux Olympiques, mais il y a plus gros que ça les Jeux Olympiques.

[00:00:32] Prof Dupont, Luc Dupont, bonjour. Bonjour Gilles. Donc ce qui est plus gros que le Super Bowl et pas mal, c'est la Coupe du monde de soccer. Oui, et plus gros que les Olympiques aussi pour toutes sortes de raisons. Un, la réalité, sur le plan émotionnel, je pense qu'on est complètement dans autre chose. Deux, là aussi la réalité c'est que le lancer du Javelot, c'est pas quelque chose que personne qui nous écoute suit.

[00:00:57] On suit pas ça. Si je te demandais, donne moi le top 3, lancer du Javelot cette année, Coupe du monde... Et dans la rue, je vois pas beaucoup de jeunes s'échanger des cartes de joueurs de Javelot. Non plus. Et sur Instagram, bon, puis etc., les médias sociaux. Le classique, alors il y a des personnages du côté du soccer ou du foot, là, dépendant d'où vous venez, vous n'utilisez pas la même expression.

[00:01:20] Mais il y a tout un édifice au fond de culture pop qui accompagne le soccer, qui n'accompagne pas la plupart des sports dans le cas des jeux d'été et jeux d'hiver. Au fond, là, c'est ça. Même, tu vois, le patinage sur courte piste, là. Oui. On a des gens qu'on connaît momentanément, ponctuellement, aux quatre ans, mais la semaine d'après, est-ce qu'on y pense?

[00:01:47] Est-ce que tu pourrais me nommer vite comme ça, mettons, cinq athlètes des jeux olympiques d'hiver? Là, il faut que tu y penses un petit peu. Oui, oui. Il faudrait que je me force un peu, honnêtement. Évidemment, si je te les nomme, tu vas me dire oui, oui, oui, ça, ça, c'est quelque chose. Oui, oui, oui, c'est ça. Mais ce n'est pas de ça dont on parle. Mais si on parle de Ronaldo ou des gens qui sont suivis sur des plateformes à hauteur de quoi? 150, 200 millions de personnes. Et ça, c'est par plateforme. C'est fou. C'est aussi les budgets publicitaires, c'est les codes d'écoute, c'est le nombre de pays, c'est l'effervescence que ça peut susciter.

[00:02:17] Il y a des gens qui me racontaient à un moment donné qu'ils étaient en Espagne durant une Coupe du Monde. L'Espagne jouait à ce moment-là. Ils m'ont dit, écoute, techniquement, le pays était fermé. C'est-à-dire que... J'ai vécu ça en Italie, moi, puis je peux corroborer. J'ai vu... Écoute, je n'avais jamais ri de même de ma vie parce qu'il y avait un gros bar. Tu sais, quand tu dis un bar qui fonctionne, puis vraiment, tu sais, à l'européenne, il y a du monde. Il n'y avait pas un chat dans le bar. Pourtant, c'est en plein jour.

[00:02:41] Tout le monde était dans la rue avec leur chaise, puis des télés installées dans la rue qui bloquaient la rue complètement, mais on s'en foutait. Moi, j'ai dit, as-tu moyen d'avoir une bière? J'ai dit, allez-vous surfer. J'étais allé au bar, j'ai ouvert, j'ai pris ma bouteille, tu vois. Il dit, vous pairez tantôt. Non, non, il n'y avait plus rien d'autre. Puis quand ça allait trop mal, il cassait des verres à terre. J'ai dit, tu parles d'une folie, toi. Vraiment, là, j'ai vécu ça. Je pense que c'était même la Coupe d'Europe. Imagine-toi, la Coupe du Monde, c'est encore pire.

[00:03:07] Mais Luc, ce qui me semble être un élément qui additionne à l'intérêt puis à l'impact, c'est que plusieurs disent que ça va probablement être l'événement le plus sportif, le plus important jamais présenté en Amérique du Nord. Ce qui va se passer. Et je me demande si ce n'est pas l'événement, en tout cas télévisuel aussi, médiatique, mettons culture pop, additionne tout ça ensemble. C'est en s'armant, en tout cas à la FIFA qui dit,

[00:03:33] à la fin du tournoi, des gens qui sur la planète Terre vont avoir regardé au moins un match, ça devrait toucher le 6 milliards. Donc, 6 milliards de personnes, c'est la portée globale. Ça veut aussi dire qu'il y a des gens là-dedans qui ont regardé plus qu'un match. On s'entend. Je connais des gens qui vont regarder, ils vont essayer de regarder pas mal tous les matchs. Je connais ce niveau de passion là. Et moi, à Ottawa, ce qui est très amusant, j'ai souvenir de Coupe du Monde évidemment précédente,

[00:04:03] où j'entre dans un bar et absolument la moitié du bar prend pour une équipe et l'autre moitié prend pour une autre équipe. Ce qui est assez rare du côté du hockey, on va s'entendre. Mettons à Québec là. OK, on ne se mêle pas autrement dit personne. Tout le monde est séparé. Moi, je suis de ce bar là. Mais là, dans le cas du foot, parce qu'évidemment, beaucoup de gens regardent au fond des matchs qui impliquent des équipes autres que l'équipe canadienne, ça fait que littéralement,

[00:04:30] tu as la moitié du bar qui regarde l'autre moitié en disant, le but qu'on vient de compter, vraiment, on est des champions. Puis l'autre moitié du bar dit, non, non, c'est notre gardien qui n'est pas bon. Tu te souviens parce que, je rappelle toujours, quand je veux expliquer à mes étudiants ce qu'on appelle la perception sélective, je leur dis toujours, bien, les buts qu'on marque, c'est toujours des buts extraordinaires. Puis les buts qu'on se fait marquer, bien, on aurait pu être meilleur, défenseur, etc.

[00:04:56] Alors, sur ce plan-là, le soccer ne fait pas bande à part. 39 jours, ça aussi, c'est un record en termes de durée. Alors, là aussi, je reviens à ta comparaison avec les Jeux olympiques. Les Jeux olympiques, oui. C'est trois semaines, les Jeux olympiques. Fait que là, on est embarqué dans quelque chose qui va nous occuper plus d'un mois. Quelque chose comme quoi, quatre, cinq semaines. Il y a plein, entre guillemets, préliminaires des matchs moins importants qui amènent vers les sommets, dans le fond, si je comprends.

[00:05:26] Oui, et ça fait aussi que des gens qui normalement s'y intéressaient, je ne dirais pas beaucoup moins, mais certainement moins. On va s'entendre que si l'Italie était là cette année, bien, les Italiens seraient particulièrement attentifs. Ils le seront probablement, tu vas me dire, mais peut-être pas avec le même niveau d'émotion que tu décris un petit peu plus tôt. Alors là, cette année, tu as le Cap Vert, Curaçao, la Jordanie, donc des gens qui sont là pour la première fois. Tu as Haïti qui revient après 52 ans.

[00:05:56] Et c'est drôle parce que j'entendais des gens me jurer qu'Haïti peut se rendre très, très loin dans le tournoi. Alors les gens, ce stade-ci, psychologiquement parlant, on est tous des gagnants. C'est un peu comme le début de la saison de la Ligue nationale. Mais tu sais, Luc, avant que je l'oublie, j'ai dans ma famille mon fils Émile est marié avec une Italienne. Donc, il est maintenant citoyen italien aussi et canadien. Et on me disait, puis elle, c'est une fan, mais c'est une fan d'événements, tu sais, Carla. Puis elle me disait que c'est la honte nationale,

[00:06:26] le fait que ça va très mal depuis quelques années en Italie, l'équipe de soccer. Puis c'est vraiment la honte. Les gens n'osent pas en parler, puis c'est un sujet délicat. C'est vraiment, vraiment une grande, grande peine que les Italiens ont de ne pas être à la hauteur, de ne pas être capables de se qualifier. D'autant plus qu'ils ont déjà gagné la Côte du Monde, évidemment. Puis ça ne fait pas si longtemps, écoute, je ne te dis pas la dernière fois ou la fois précédente, mais ça ne fait pas si longtemps que ça.

[00:06:56] Moi, de mon côté, tu vois, j'ai une de mes filles qui fréquente un Colombien. OK. Alors évidemment, la Colombie est là. Alors lui, tu vois ce qu'il fait. Il n'a pas réussi à obtenir de billets. Je précise qu'il y a eu 500 millions de demandes de billets. 500 millions pour les 7 millions de billets disponibles. Est-ce que les gens savaient comment ça coûtait quand ils en voulaient? Quand tu le sais, des fois, ça refroidit un peu. Oui. Remarque que ça fait beaucoup jaser. Évidemment, pour beaucoup de pays du monde,

[00:07:25] c'est la première fois qu'on fait face à ce type de prix-là. Mais allons pas loin, Gilles. Le Canadien en série, les billets à 1 000 $, il n'était pas rare. Il était très, très fréquent. Et puis là, la NBA vient de terminer tout ça. Et là, dans le cas de la NBA, on parlait de... J'ai vu des billets à 10 000, 15 000, 20 000. Alors c'est sûr que là, quand tu étais habitué à des billets à 5 $, ça nous rappelle aussi qu'il y a beaucoup de pays là-dedans,

[00:07:53] sur le plan économique, qui ne sont pas, mettons, des géants. On va s'entendre. Alors c'est sûr que là, il y a une surprise. Mais je te reviens sur le copain de ma fille. Oui. Il n'a pas réussi à obtenir de billets, mais il descend pareil à Miami. OK. Parce qu'il dit, je veux juste être là, physiquement, pour vivre l'événement. L'expérience. OK. Parce qu'évidemment, Miami va être un succès remarquable. J'en suis convaincu. Puis je te rappelle aussi qu'à ce stade-ci, au moment où on enregistre, ça joue dans quelques heures les premiers matchs.

[00:08:22] Mais je te rappelle que lors de la Coupe du Monde précédente, on se serait parlé, toi et moi, et on s'était probablement parlé, du Qatar, de comment on avait construit les stades en question. On parlerait d'esclaves. Il y a des gens qui sont décédés pendant la construction de ça. On a bousculé beaucoup, effectivement. Oui. The sport washing, c'est l'expression consacrée. Puis si on recule la Coupe du Monde, l'autre d'avant, là, on était en Russie. Alors vois-tu que… Oui. C'est ça qui est fascinant avec les médias.

[00:08:53] Tout ça était très prévisible. N'importe qui qui s'intéresse à cette bibitte-là le savait. Jusqu'au moment où ça part, on est dans le département de la critique. Puis une fois que ça part, bien là, l'émotion va être tellement forte. D'autant plus qu'il y a 48 équipes cette année. Alors, 50 % plus d'équipes que lors de la Coupe du Monde précédente. Il y a des gens qui vont critiquer ça en disant qu'il commence à avoir pas mal d'équipes. On dilue, oui, c'est ça. Mais rappelons-nous que lors de la toute première Coupe du Monde, évidemment, il y avait beaucoup, beaucoup, beaucoup moins d'équipes.

[00:09:23] Et qu'avec le temps, spontanément, c'est un cycle, on ajoute ponctuellement de nouvelles équipes, donc de nouveaux pays, donc de nouvelles codes d'écoute, donc de nouvelles, comment dire, donc de nouvelles ventes de pubs. Parce qu'à la fin, et donc de nouvelles... Alors, tu vois-tu un petit peu l'idée? Et l'autre truc que je trouve génial, c'est que momentanément organiser ces événements-là, bien ça coûte une fortune. Puis on le voit avec Toronto et Vancouver sur le plan des implications.

[00:09:52] Puis la FIFA, sans surprise, elle exerce un contrôle total là-dessus sur qu'est-ce que tu vas faire avant, qu'est-ce que tu vas faire pendant, qu'est-ce que tu vas faire après. On l'a vu dans le cas de Montréal, il y a des bouts de contrat qui ont été rendus publics là, où on disait, bien les événements, vous avez l'habitude d'organiser là, la F1, tous les événements dans le domaine musical, bien celui-là probablement qui n'aurait pas le droit d'être là la semaine d'avant, ou celui-là la semaine d'après. Alors c'est ce qui a refroidi évidemment Montréal,

[00:10:21] en rappelant que dans le cas de Montréal, la réalité, c'est qu'il n'y a pas de stade. Et ça pour moi, c'est quelque chose qu'on évoque peu, mais c'est un désastre. Parce qu'autrefois, Montréal aurait fait partie... Le Montréal de drapeau... Et oui. ...aurait fait partie de l'événement. Mais là, on n'est plus là, on est complètement... L'ambition à Montréal a pris le bord un peu. ...est complètement disparue. Moi, je ne reconnais pas, évidemment, j'y vais très souvent pour les conférences au centre-ville. Je ne reconnais pas...

[00:10:50] La ville que j'ai connue à l'époque où je partais de Québec en autobus, par exemple, puis je passais une couple de jours à Montréal, puis là, on visitait les magasins, parce que dans le temps à Montréal, il y avait tout le temps les affaires un an ou deux ans avant tout le monde. Souviens-toi, les souliers, tout ça. En tout cas, un paquet d'amour. C'est vrai, tu allais pour la mode aussi. T'as raison. C'était absolument hallucinant. Ce que les gens aimaient quand ils allaient, par exemple, à Paris ou à Londres, ils voyaient d'avance qu'ils allaient faire les étalages ici. Mais c'est vrai que Montréal avait cette capacité-là,

[00:11:19] que Toronto a peut-être plus maintenant. Mais Montréal, tu sais, je répète ma blague que j'ai déjà faite à Télé-Québec qui avait fait rire beaucoup dans le temps, mais c'est une belle ville pour apprendre l'anglais aussi. Oui. Parce que c'est la réalité aussi. Quatre fois sur cinq, quand je suis allé la fin de semaine passée avec ma blonde, on était abordé en français n'importe où, partout où on allait. Mais... En anglais, pardon. En anglais, excuse-moi. Oui. Et je vais te dire quelque chose de surprenant là-dessus. Et quand je dis ça à mes amis montréalais, ils n'aiment pas, mais écoute, c'est la réalité.

[00:11:47] Je me fais aborder en français plus souvent au centre-ville d'Ottawa qu'au centre-ville de Montréal. Arrête. Alors, parce qu'évidemment, au centre-ville d'Ottawa, t'as beaucoup d'employés. Oui, absolument. Puis qui sont, dans bien des cas, ils sont bilingues. Donc, autre chose, c'est la multiplication des plateformes médias. C'est la façon de mesurer la cote d'écoute. Ça aussi, ça va expliquer l'explosion de l'auditoire. Donc, je rappelle plus d'équipes. Les trois pays... Est-ce que... Le fait qu'il y a trois pays, est-ce qu'on est capable de tabler

[00:12:17] ou d'aller chercher l'avantage du décalage horaire pour les diffusions? Je crois que l'avantage ici, c'est pour les commandites et pour la pub. Alors, mettons, t'es Home Depot, puis t'es pas mal présent dans les trois pays. Bien là, tu dis, profitons-en sur le plan de la commandite. T'es Budweiser. Budweiser est associé à la Coupe du monde depuis, évidemment, plusieurs séquences, plusieurs présentations. Coke aussi, j'imagine que Coke doit être... Oui, Coke, c'est 14 % de tous les revenus de commandites de la FIFA.

[00:12:47] Oh! Alors, si tu cherches l'événement... Et là, je vais demander aux gens qui nous écoutent, au moment où vous regarderez la Coupe du monde, vous porterez une attention particulière au moment des tirs de pénalités. Alors, souvent, c'est Coke qui va être là. Alors, je suis convaincu que sur le plan de l'achat des espaces, c'est des choses qui ont été prévues. Et Coke a fait une étude il y a plusieurs années. Ce qu'ils se sont aperçus, c'est qu'à force de commanditer la Coupe du monde, ils sont dans l'esprit des gens, consciemment et pas consciemment,

[00:13:16] donc un peu sans trop s'en apercevoir. C'est vraiment associé au grand moment d'émotion et de bonheur de cet événement-là. Tu vois-tu un petit peu l'idée? Oui, il est rentré vraiment là. Oui, il fait partie des meubles. Un petit peu comme... Dans le temps, je t'ai déjà raconté qu'on faisait les études sur les bandes de patinoires à Québec et Montréal. Oui, oui. On demandait, nommez-moi le média qui est sur la bande de patinoires.

[00:13:43] Et immanquablement, les gens nous répondaient à Québec, Journal de Québec, à Montréal, le Journal de Montréal. Or, il n'était pas associé à l'époque. Il n'était pas sur la bande de patinoires. Alors, ce que je suis au fond en train de t'expliquer, c'est que, vois-tu, il y a comme un lien qui est tellement direct que tu finis par conclure que, dans le cas au fond de la Coupe du Monde, ce n'est pas Seven Up, on se comprend. Ce n'est pas Dr Pepper. Non, je comprends. Puis, en même temps, ça fait partie des meubles. C'est comme si je voyais les campagnes publicitaires, actuellement, qui roulent déjà.

[00:14:10] On joue beaucoup sur cette émotion-là. En fait, la campagne, ce n'est que ça. C'est des gens qui regardent le match, puis leur équipe compte ou leur équipe ne compte pas. Tu vois-tu un petit peu l'idée? Oui, absolument. Je veux qu'on parle un peu de... Bien, je sais que tu as l'intention d'en parler, mais moi, je veux qu'on parle un peu de pub, mais surtout de technologie. Ma première question, c'était, n'est-ce pas, dans des matchs de soccer qu'on a vus pour la première fois, les bandes annonces électroniques qu'on nous impose, en fait, qu'on nous place... Puis, mon beau-père disait, hey, c'est incroyable que telle compagnie...

[00:14:41] Mettons Tim Horton annonce même, évidemment, parce que c'est sur les bandes de patinoire au hockey, tu comprends? Bon, pour que les gens comprennent ce qu'on dit. Mais je pense que le soccer a été peut-être leader là-dedans. Est-ce que je me trompe si tu es un des premiers sports majeurs? Tu as tout à fait raison. OK, je me rappelle, on voyait ça. Tu sais, exemple, je me rappelle la bière, là, tu... Mettons que c'est Heineken, je ne sais pas si c'est laquelle, mais... Puis là, un moment donné, c'était à tapissé à grandeur, puis là, je me disais, ils ont payé combien, finalement? C'était à l'électronique, je me suis fait prendre moi aussi, mais tu sais, tu as un moment, tu as une image reculée, là, du stade, avec plein, plein de monde.

[00:15:11] Tu vois, du Heineken, mettons que c'est Heineken ou Budweiser, peu importe, à grandeur tout le tour. Mais moi, mes questions là-dessus, c'est est-ce que, par exemple, si je regarde ça à Miami, je regarde ça en Amérique du Sud ou si je regarde ça ici, à Vancouver, sur mon Internet, peu importe l'application que je prends, si c'est l'application officielle ou une application de sport, est-ce que je vais avoir la même personne qui regarde en même temps sur la même application? Va-t-il avoir la même pub ou ça va être régionalisé même ça aujourd'hui?

[00:15:38] Non, dans ce cas-ci, compte tenu, évidemment, des montants qui sont en jeu, reprenons l'exemple de Coca-Cola avec 14% de toute la cagnotte, c'est sûr qu'au moment où Coke annonce, c'est la pub de Coke que tu vas voir. La technologie dont tu parles, effectivement, elle a été utilisée initialement dans l'univers du soccer et la Ligue nationale de hockey a reconnu que cette technologie-là, maintenant, qui est utilisée dans le hockey de la Ligue nationale,

[00:16:03] tu l'as vu durant les séries, c'était fortement inspirée du soccer et c'est une des entreprises qui offrait ce service-là en Europe qui a dit ça, on pourrait vous faire ça aussi à vous autres. Alors, au début, on était évidemment comme dans toutes les nouvelles technologies un peu sceptiques, vous êtes sûr que vous êtes capable de faire ça avec le hockey, si on est capable de le faire avec le soccer, d'après moi, on va être capable de le faire avec le hockey.

[00:16:27] Et à une nuance près, tu auras remarqué que c'est toujours avec la caméra centrale qu'on est capable de le faire, parce que c'est avec elle qu'on travaille, c'est elle qui coûte un petit peu plus cher aussi à programmer, parce que dès qu'on a d'autres caméras, par exemple, il y a une bataille, puis là, on change l'angle de la bataille durant le match de la Ligue nationale de hockey. Oups, tout à coup, si tu es un petit peu curieux, tu t'aperçois que, oh, je viens de voir la pub locale, tu sais, je la vois. Là, je la vois. Moi, évidemment, c'est quelque chose qui me saute dans la face, mais c'est juste une maladie à moi,

[00:16:57] mais je le vois tout de suite. Dans le cas du soccer, ce que tu vas voir et ce que je vais voir, c'est ça que la planète va voir à cause, encore une fois, des montants qui sont impliqués. Et dans le cas des principaux commanditaires, alors sans surprise, il n'y en a pas beaucoup qui vont nous surprendre, Adidas, qui, à bien des égards, a donné naissance à tout ce volet marketing-là. Un petit peu par accident, on est en 1970, c'est les jeux de...

[00:17:26] En fait, c'est la Coupe du Monde au Mexique. Et Adidas décide d'approcher la FIFA en disant, on vous fournirait un ballon. On est à l'époque du début de la télévision couleur, et c'est la première Coupe du Monde qui va être retransmise en couleur et en direct, massivement à l'échelle planétaire. Mais comme on est au début de la télévision en couleur, Adidas a une idée absolument géniale, c'est qu'on va avoir un ballon noir et blanc,

[00:17:55] puisqu'encore beaucoup de gens regardent les matchs en noir et blanc. Vois-tu un petit peu l'idée, Gagin? Je rappelle toujours, pour ceux qui se posent la question, pourquoi les couleurs foncées puis pâles au hockey, pour prendre un exemple parmi tant d'autres, je voudrais prendre bien d'autres sports, mais c'est juste parce que dans le temps, avec la télévision noir et blanc, c'est important d'être capable de dire, ah, ça c'était l'équipe, ça c'était l'autre équipe. C'est juste ça la réalité. C'est amusant. Quand on le sait, après, c'est criant. On se dit, ben oui, maudit, j'aurais dû y penser. Simonac, comment ça? Alors Adidas fournit ça,

[00:18:23] parce que jusqu'à ce moment-là, ce qui est très drôle, c'est que chaque pays qui reçoit la Coupe du Monde fournit les ballons. Je ne sais pas si tu vois un petit peu l'idée. Hey, Joe, va donc m'acheter des ballons. Alors, tu arrives avec les ballons. Dans le temps, les ballons sont bruns. Alors, ce n'est pas l'idéal. Adidas arrive avec son fameux ballon. Puis, je suis sûr que, même si on est en podcast, il y a plein de gens qui ferment leurs yeux, puis ils voient le ballon. Tu le vois-tu avec les petits, tu le vois, les hexagones, je ne veux pas me tromper.

[00:18:51] Mais Coca-Cola est là, Visa. Alors, pour acheter tes billets cette année pour la Coupe du Monde, ça te prenait une carte Visa. Alors, ça aussi, c'est quelque chose qui est très original du côté de la FIFA, c'est de dire, la commandite, ce n'est pas juste quelqu'un qui arrive avec des affiches, c'est aussi quelqu'un qui s'implique. Alors, Adidas dit, je vous fournis le ballon, puis je vais vous en fournir un, évidemment, chaque année. D'autant plus qu'Adidas s'est aperçu que durant chaque Coupe du Monde, les ventes de produits liés au soccer augmentent de 8 à 10 % à l'échelle planétaire.

[00:19:20] Alors, pour ceux qui se posent la question, est-ce que ça vaut quelque chose, cet argent-là? Puis, je rappelle que ces commanditaires-là, dont je te parle, ont payé entre 150 et 200 millions. 150 et 200 millions de dollars. Mais il faut que ce soit conséquent, dans le fond. Par exemple, on ne pourrait pas imaginer, parce que notre oncle connaît un joueur de la Coupe du Monde, aller dans le vestiaire, puis voir des joueurs prendre de l'eau qui est d'une compagnie dérivée de Pepsi. C'est impensable, là. Impensable. C'est jusqu'au bout de la ligne.

[00:19:49] C'est-à-dire que si c'est Coke qui est là et qui paye 200-300 millions, c'est sûr qu'il n'y aura pas de Pepsi. Donnez-moi une chance. L'ensemble de l'oeuvre, ça va être Coke, là. Absolument. Et c'est extrêmement vérifié. Oui. Je dis ça aussi parce que durant les séries du Canadien, on a voulu organiser un match, un visionnement de match à Gatineau. Oui, Gatineau, oui. Puis l'équipe d'Ottawa a dit, c'est à nous autres, c'est notre marché. Vous n'avez pas le droit de faire ça. Puis là, les gens étaient fâchés. Mais évidemment, ça, ça s'appelle la business

[00:20:18] qu'on est en train de raconter. Alors, je te donne un exemple très concret de ce que tu viens de raconter, Gilles. Lors des Jeux en Afrique du Sud, il y a des gens qui sont arrivés habillés, des jeunes filles, des jeunes hommes, tous habillés d'une certaine couleur associée à une marque de bière qui n'était pas, elle, liée à la coupe du monde. À la commandite. OK, je comprends. Exact. Tu sais ce qu'ils ont fait? Ils sont allés les chercher durant le match. Ils les ont arrêtés.

[00:20:47] Et dans certains cas, ils les ont poursuivis en disant que vous n'aviez pas le droit de faire ça. Alors, c'est très, très, très sérieux. Alors, ces entreprises-là, Adidas, Coca-Cola, Visa, Hyundai, Kia. Puis on va plus jouer Kia au Canada, soit dit en passant, Qatar Airways, Aramco et Lenovo, l'ordinateur. Alors, ceux-là, c'est, mettons, ce que j'appellerais mes sept entreprises top. Temps plein, quatre ans, 150 à 200 millions.

[00:21:16] Au-delà de ça, tu as ceux qui disent, « Sais-tu quoi? Moi, je le fais, mais pour cette coupe du monde, si. » Alors, je reviens à ta question tantôt, le fait qu'il y a trois pays, est-ce que ça change quelque chose? Ben, Budweiser dit, « Nous, les derniers jeux au Qatar, souviens-toi, Gilles, au moment où on faisait l'entrevue, je m'en souviens même très, très bien, toi et moi, le Qatar a dit, « Vous ne pourrez pas vendre de bière, d'alcool dans l'histoire. » Mais non, c'est vrai. Et ils l'ont su, souviens-toi, deux jours avant. Et c'est là que Budweiser a eu une idée de génie.

[00:21:45] Ils ont fait un poste, qu'ils ont retiré très rapidement, mais je dirais que dans ce cas-ci... Le message avait passé. Le message avait passé, oui, c'est ça. C'est qu'ils ont dit, « L'équipe qui va gagner, il va avoir la bière. » Puis je précise qu'en réalité, tu pouvais boire de l'alcool au Qatar. C'est juste que tu devais acheter un billet qui te donnait accès à des zones particulières autour des stades. Vois-tu un petit peu, quand même, à la fin? Il faut toujours gratter un petit peu. Et j'ai vu ces vidéos-là, j'ai vu comment ça se passait.

[00:22:16] Bank of America, une des top deux banques aux États-Unis avec JP Morgan. McDonald's, pas besoin, Verizon. Frito-Lay, ah, Frito-Lay, ici. Ça, c'est Pepsi, quand même. Ça, c'est Pepsi. Vois-tu? Ça revient encore une fois à ta question. Elle est le fun, elle est le fun. C'est que, dans le fond, c'est ça. Frito-Lay ne pourra jamais te dire durant la Coupe du monde. En passant, on est une division de Pepsi. Tu vois un petit peu l'idée? Je comprends. Puis je regarde en bas de ton annonce.

[00:22:45] As-tu mis un tout petit logo de Pepsi? Non, mais tu n'as pas le droit de faire ça. Pas le droit. Alors ça aussi, tu as une entreprise chinoise, puis tu as Unilever. Alors là, Unilever, ça va être intéressant parce que c'est le savon, c'est le shampoing, c'est le détercif, etc. Alors là, j'ai hâte de voir est-ce que c'est la marque Unilever qu'on va commanditer ou c'est plutôt les produits? Moi, je crois que c'est les produits parce que je maintiens toujours que si tu rentrais tantôt, après on sort dans la rue puis on dit bonjour, connaissez-vous Unilever?

[00:23:15] Moi, je pense que personne autour de chez nous connaît Unilever. Puis si on leur demandait c'est quoi qu'ils font? Ils font-tu plus Tide ou ils font plus Arctic Power ou ils font-tu un petit peu puis on se mettrait à gratter? On s'apercevrait qu'entre Unilever puis Procter & Gamble, il y a une certaine confusion. Alors eux, pourraient être là juste un an. 65 à 100 millions. Alors c'est sûr que dans le cas de McDo, c'est probablement un petit peu plus élevé. Budweiser, je suis certain qu'on est dans le 100 millions. Quand tu payes 100 millions, juste pour être sûr

[00:23:44] que je comprenne bien, je prends une chance. On est là pour ça, pour bien comprendre. Ils payent 100 millions pour participer à la Coupe du Monde ou ça inclut toutes les pubs qui vont être présentées de leurs produits? Oui, c'est juste la commandite. Alors là aussi... Fait que s'ils placent des pubs... Non, j'ai question, écoute, c'est l'expérience? Oui, oui. Faut que ça te servie à vieillir, mais pas... Je soupçonne que tu connais évidemment une partie de la réponse. J'ai le cas même. Je suis naïf. Mais non, mais si on est là pour ça... Non, je sais à qui je parle. Faut penser qu'il y a des milliers de personnes qui écoutent. Mais il y a des... Absolument, absolument.

[00:24:14] Mais tu fais bien de le préciser parce qu'effectivement, on n'a pas encore acheté une seule pub. Depuis tantôt, notre conversation, là... C'est de la commandite. Il y a de la commandite. C'est juste être capable de dire... C'est incroyable. Coucou! C'est moi qui est là. On est avec la Côte du Monde. OK, fait que le 30 secondes, le 60 secondes, les 10 secondes, tout ça est payé. En plus. Oui. Et là, je m'en voudrais de ne pas citer. J'ai envoyé, au moment où on se parle quelques instants avant, j'ai envoyé mon infolette parce qu'évidemment,

[00:24:45] cette semaine, je parle de cet événement. C'est très vendeur, ton titre aussi. Mais je cite Pierre Delagraire puis je ne peux pas ne pas le citer parce que j'ai appris un paquet de choses. J'ai toujours dit, j'ai un bac en placement média mais là, tu vas me dire, c'est quelle université qui te l'a donné? Puis ce n'est pas une université. C'est juste à 5h15, le vendredi, être là quand tout le monde était parti. Tu vois-tu? Oui. Puis je me souviens

[00:25:14] à 6h moins quart, Luc, quand est-ce que tu arrives? On est au Dagobert dehors en train de manger. Pierre est encore au bureau puis il est dans son bureau puis je l'ai pour moi tout seul. Tu vois-tu un petit peu l'idée? Puis il n'y a rien de plus intéressant pour toi à ce moment-là. Même une bière, même des amis, même une belle fille, zéro, de la grave. Oui. Je comprends très bien. Absolument. Passion. Je dirais, oui, puis j'étais célibataire dans le temps, je précise. Précisément au moment de l'anecdote que je te raconte

[00:25:44] et il ne te compte pas de blague. Tu as raison. Je suis sûr. J'aurais eu le goût de te dire, je peux arriver à 7h30. Ils vont être encore là. Tu vois-tu un petit peu l'idée? Je vais en avoir manqué un petit bout mais je vais me reprendre vite, vite. Au Dagobert, j'étais capable. J'avais 2-3 trucs pour me reprendre vite, vite, vite. Mais je reviens à Pierre. Pierre disait, oublie jamais, pour maximiser une commandite, il faut que tu investisses au moins 1 $ de pub pour chaque dollar de commandite parce que si tu fais juste la commandite mais tu ne me le dis pas que tu es le commanditaire,

[00:26:14] comment tu veux que je le sache? Si McDo n'achète pas dans les prochaines semaines des millions, au Canada, des millions de dollars de pubs, comment je fais pour savoir que McDo est associé? Comment je fais pour savoir ça? Même chose pour tous les autres. Pour Budweiser, ça va être malade. Bonnoiseux, ça va être malade. Est-ce qu'on peut s'attendre, parce que tu parles de ça, donc on va parler un peu de conception, prof Dupont, est-ce qu'on peut s'attendre tout comme dans des grands moments des Olympiques, le bye-bye ici au Québec, les grands moments rassembleurs

[00:26:44] en direct parce que ça va naître, surtout plus on va avancer dans le tournoi, est-ce qu'on peut s'attendre à avoir des pubs léchées et impressionnantes, des pubs nouvelles et tout à fait dynamiques, liées. Aux Olympiques, souvent, tu avais, mettons que c'est Rona, Rona prenait un marteau puis faisait du ski avec tout ça. Tu comprends ce que je veux dire, on jouait avec les sports. On peut faire ça avec le ballon, évidemment. Est-ce que tu t'attends des pubs impressionnantes liées au sport qu'on présente? Il y a déjà beaucoup de choses qui sont sorties, mais effectivement, ce que j'appellerais

[00:27:14] dans le sac à surprise la pub, les meilleurs, probablement, s'en viennent. Dans le cas de co, compte tenu de ce qu'ils investissent annuellement là-dedans, eux, ils ont dit, un, on sort les campagnes tout de suite, on va reprendre une vieille toune de Van Halen, Jump. Oui. On va la refaire, évidemment, avec des artistes contemporains. Ils vont donner leur petit twist. Remarque que l'esprit de la toune, elle n'a pas changé. Puis l'idée, je reviens tantôt à la notion d'émotion. Donc,

[00:27:43] Coach s'est vraiment aperçu que dans la tête des gens, ils sont importants dans ce que j'appellerais la grande fête du foot. Bien, la toune, tu devineras que c'est quoi? C'est des gens qui regardent le match dans leur salon, puis là, leur équipe compte. Puis là, ils sautent, n'est-ce pas? Jump. L'autre truc, et je trouve ça très audacieux de la part de Coach, c'est qu'ils se sont associés à Panini. Alors, Panini, c'est la grande marque de collants,

[00:28:14] appelons-les les cartes de foot, mettons. OK. Nous autres, c'est Opeechi dans le temps, puis c'était Topps, mais eux, c'est Panini. Je te dis ça parce que j'ai souvenir que dans le cas des tournois de hockey internationaux, c'était Panini qui avait généré la marque. C'est pas le, évidemment, vous avez compris que c'est pas le Panini dans le Gris Cheese. Non, non, effectivement. Un autre Panini. Oui, et eux, alors c'est les fameuses, c'est les fameuses cartes, évidemment, et ce qui est amusant, c'est que Coke s'associe à cette entreprise-là.

[00:28:44] Alors, les bouteilles deviennent des vecteurs, des points de contact avec les autocollants. Je sais pas si tu vois un petit peu. C'est comme si, mettons, j'avais décidé que, c'est pas au hasard ce que je te donne, c'est quelque chose qui a déjà existé. Je te dirais, on va établir un partenariat avec une compagnie de détercifs, puis quand t'achètes ta boîte de détercifs, en fouillant dans la boîte, t'as un cadeau dedans. Voyez-tu un petit peu? Alors, c'est un petit peu le même principe avec Coke. Alors, tu vas avoir 300 millions de bouteilles,

[00:29:14] ce qui est quand même substantiel, on va s'entendre, sur lesquels tu vas avoir les fameux décalques en question des joueurs. Et ça, la beauté, c'est que, bien, comme t'as 48 équipes, bien, t'es capable d'identifier des joueurs pour chacune des équipes, puis t'es capable pour chacun des marchés de t'assurer que c'est ces décalques-là qui sont aussi disponibles massivement. Alors ça, je trouve ça, vraiment, je trouve ça brillant, brillant, brillant. Et c'est une coupe du monde un peu particulière parce que t'as la fin d'une époque avec Messi et Ronaldo.

[00:29:45] Ronaldo a dit que c'était sa dernière coupe du monde. Alors ça veut dire que s'il ne gagne pas, tu vas le voir pleurer dans les prochaines semaines. C'est sûr, sûr, sûr, je ne peux pas imaginer qu'il va quitter sans aucune émotion. C'est un gars, il est total. Intense, oui, oui. On ne l'aime pas, très intense. Moi, j'aime bien, puis j'aime bien Messi aussi, puis ils sont totalement aux antipodes sur le plan de la personnalité, mais ça n'empêche pas que les deux sont fameux. Alors dans le cas de Messi, il est représenté ça. Oui, mais Messi, il faut-tu parler un peu de Messi? Je sais que plusieurs disaient quand il s'en venait aux États-Unis

[00:30:13] pour jouer en Floride, c'est ça? Il ne faut pas je me trompe. On disait qu'il va y avoir un impact, mais je ne suis pas certain qu'on pensait qu'il y aurait un impact aussi grand et sur le sport et sur l'intérêt des Américains pour le sport et sur la pub et la valeur. Mais c'est incroyable. C'est rare qu'une personne, par son talent, dans ce cas-ci, par sa présence et son talent, fait un déplacement comme ça et va engendrer

[00:30:43] des changements aussi fondamentaux, aussi structureaux parce qu'on dit qu'il est responsable en grande partie d'un intérêt vraiment bonifié des Américains pour un sport qui avait de la misère à lever aux États-Unis. Donc c'est ce gars-là, c'est incroyable. Si il gagne 100 millions, on se dit que ce n'est pas cher. Non, il n'est pas cher. Il ne faut le dire de même. Ce n'est pas ce que ça coûte, prof du bon, c'est ce que ça vaut et vous m'allez bien souvent et je suis d'accord. Mais lui, c'est l'exemple parfait. Messi, c'est l'exemple parfait et je te rappelle que je pensais

[00:31:13] que c'est Ronaldo qui le ferait. Ça là, c'est une décision audacieuse. Je te rappelle que Messi s'est fait offrir plus d'un milliard en Arabie Saoudite. Alors s'il calcule juste les scènes et il dit je m'en vais en Arabie Saoudite. Ben oui. Mais ce n'est pas ça qu'il a fait. Ronaldo, c'est ça qu'il a fait. Alors que Messi, il aura été, puis je pense, je ne veux pas déjà le dire au passé, mais en tout cas, il a certainement joué un rôle excessivement important dans la suite des choses parce que même

[00:31:43] depuis quelques jours, l'Argentine a joué quelques matchs préparatoires avec différentes équipes. Dans chacun des cas, le stade aux États-Unis, il est absolument plein. Il a joué pour la première fois, je crois, dans des stades universitaires. Alors là, ça veut dire 100 000 personnes et c'était plein. Et Messi, moi je le suis, je suis inter-Miami à la semaine. Ah oui, OK. Tu parles à un gars que moi, pour moi,

[00:32:13] je trouve l'effet Messi, il est fantastique parce que, par exemple, il joue à New York, il compte, compte l'équipe à New York et il a un standing ovation. Et je l'ai vu les premières fois parce que je te rappelle qu'en France, ça ne s'est pas bien passé pour toutes sortes de raisons. Moi, je pense qu'ils avaient un cadeau. Je pense que les Français là-dessus, ils l'ont échappé. J'ai eu 2-3 chicanes sur les médias sociaux en racontant ça, mais je vais te leur dire encore.

[00:32:42] Je pense qu'ils n'ont pas été gentils avec Messi. Je pense qu'ils avaient un beau cadeau. Alors que les Américains, eux, qui partent totalement zéro, tu me diras, ah, les Français ne partent pas zéro, etc. Mais les Américains ont dit, ça, nous, on est chanceux de l'avoir puis allons le voir. Et partout où ils se promènent dans la MLS, souvent, on change de stade. Tu as remarqué ça? Oui. C'est qu'on joue normalement dans un stade de, je ne sais pas, 15-20 000. Puis on dit, sais-tu quoi? À New York, on va aller jouer dans le stade des Yankees.

[00:33:12] C'est un exemple concret. Le terrain ne sera pas réglementaire. Ah, le puriste qui nous écoute dit, c'est pas correct. Mettons, il manque 5 pieds d'un côté. Tu vois un peu le genre? Oui. Ça va être serré un peu, mais sais-tu quoi? Ça va être plein. Puis en plus, Messi joue puis tu as une photo loin de Babe Ruth. Je ne sais pas si moi un peu le truc. Les dieux du stade. Les dieux du stade, absolument. Exactement. Et là-dessus, c'est sûr que Beckham a ouvert la porte

[00:33:41] avec Los Angeles, le Galaxy. Et c'est sûr que Pelé a ouvert, là, il y a des gens qui vont dire, Pelé, c'est loin du peu, mais avec le cosmos de New York. Je précise, Gilles, pour la petite histoire, c'est une anecdote que je me plais toujours à raconter, je la trouve extraordinaire. Je reviens encore en 1970, la Coupe du Monde. Je t'ai raconté tantôt le ballon à 10 ans, n'est-ce pas? Ou à 10 ans, on fournirait le ballon, nous. Puis évidemment, quatre ans plus tard, ils ont vu les ventes de ballons, donc ils ont dit, non seulement on fournirait le ballon, mais on ferait la commandite. C'est un petit peu comme ça que ça s'est passé.

[00:34:11] Pelé, la même année, on est toujours en 70, lui, il est assis dans le vestiaire avant un match, puis il regarde tous ses coéquipiers qui signent des deals avec des marques de chou-clac, des marques de chaussures de sport, à crampons. Donc, Puma, à 10 ans, etc. Puis il dit, comment ça, moi, j'en signe pas de ça? Et c'est là qu'il y a un des gars qui signe ces ententes-là qui dit, écoute, toi,

[00:34:40] t'es sur une liste noire. C'est qu'on sait que si on te signe, le prix pour signer les autres va exploser. Ça va monter. Évidemment, les autres vont pas vendre plus cher que toi, mais le gars qu'on achetait à 50, va peut-être nous coûter 60 000, tu vois un peu l'idée? Toi, évidemment que tu vas nous coûter plus cher que ça. Donc, Puma et Adidas, qui, je le rappelle toujours, ont été créés par deux frères qui se détestaient. C'est assez unique en Allemagne. On s'est entendu, lui, on ne les touche pas.

[00:35:09] C'est la clause Péli, on ne les touche pas. Mais à un moment donné, il y a un des vendeurs de Puma qui dit, hé, moi, cette entente-là, j'en ai rien à foutre. Alors, Péli, évidemment, entend ça, il est fâché puis il dit, c'est-tu quoi? Dans le fond, si tu me l'avais offert, j'aurais accepté pour pas mal moins cher que tu penses. Ah oui, combien? 120 000. Signé. Deal. Alors, Péli signe avec Puma, pas avec Adidas. Et là, écoute bien l'histoire, c'est là que l'histoire est extraordinaire

[00:35:38] et j'ai mis dans mon infolette le YouTube de cette image-là. Non, pas de l'image, mais du vidéo, Gilles. C'est la beauté d'Internet. Je te raconte l'anecdote puis je te la montre. Alors, Péli est au début du match et il y a ses Puma dans les pieds, on se comprend. Donc, c'est les quarts de finale, Brésil contre Pérou. C'est le Brésil qui remporte le piloufasse puis qui commence au milieu du terrain puis là,

[00:36:08] on part, quand on frappe le ballon initial, mettons l'équivalent de la mise au jeu mais il n'y a pas d'opposant devant toi. Je vulgarise tout ça pour ceux qui ne suivent pas du tout le soccer, le foot. Pour les autres, vous savez évidemment exactement de quoi je parle. Alors, ça commence, l'arbet siffle, OK, on peut commencer le match. Oups! Péli lève la main, Péli lève la main. Attends un peu, il faut que j'attache mon soulier. Il se penche. La caméra le suit.

[00:36:38] La caméra le suit, exact. OK, l'arbet fait, OK, t'aurais peut-être pu attacher ton soulier un petit peu avant. Oups! J'ai deux souliers! Les deux sont détachés! Faut que je rattache l'autre! Il se replie, il rattache son soulier. Dans les semaines qui vont suivre, Gilles, parce que là, tu sais ce qu'on vient de créer, on vient de créer le marketing sportif pour la Coupe du monde. C'est ce qu'on vient de faire. Les ventes de Puma explosent de 300%.

[00:37:07] Fait qu'il vient de mettre au monde la Coupe du monde version marketing, puis il vient de mettre au monde les commandites, puis il vient de mettre au monde les porte-paroles dans un contexte de soccer comme ça. C'est une anecdote extraordinaire. Est-ce qu'elle avait été planifiée par, mettons, un organisateur de pub? Ça avait été, OK, c'est ça. Ça peut pas être, je savais bien que c'était pas improvisé. Mais je me disais, est-ce que c'est l'idée de Pélé ou c'est quelqu'un qui a dit voici ce que tu pourrais faire? Bien, comme toutes les bonnes idées, j'ai vécu ça une couple de fois à l'université.

[00:37:38] Quand ça marche, c'est l'idée de tout le monde. J'ai vécu ça. Bien non, mais j'ai fait du brain pendant 20 ans. C'est pareil. Qui a eu l'idée? Écoute, on parle de la même affaire. Moi, je sais très bien c'est quoi. C'est ce qu'on appellerait la nature humaine. C'est le problème en vieillissant. C'est ça. Et quand ça marche pas, ah, c'était toi ça. Oui. Il faut jamais être. Tu m'en fais jamais ça. OK. J'aurais le goût de le raconter. OK. Donc, on continue, Gilles. Oui, absolument.

[00:38:07] Je t'ai parlé de coke. Je t'ai parlé évidemment des... Ah, je t'ai pas parlé des chips. Je t'ai parlé très brièvement des chips. Fritolé, oui, les chips. Oui, Lise. Parce que ce qui est amusant ici, c'est qu'ils ont fait une étude et ils se sont aperçus que 70 % des gens qui vont regarder les matchs dans les prochaines semaines vont avoir un sac de chips à côté ou des noix ou des... Tu vois un peu de Doritos. Peu importe, des croustilles, mettons, appelons ça comme ça, ou des snacks. Fait qu'ils ont dit, hé, mais si coke va être le breuvage,

[00:38:36] c'est sûr qu'il faut être les chips. Oui. Puis là-dessus, là-dessus, ils sont forts. L'autre, c'est évidemment Visa. Alors là, dans ce cas-ci, l'entente un peu à l'instar de... de la dix-dans, c'est de dire, ben, si vous voulez acheter des billets, ça vous prend une carte Visa. Fait que c'est un peu comme ça qu'ils l'ont fait. Et je te rappelle le chiffre, moi, qui me renverse, chiffre dévoilé par la FIFA, 500 millions de demandes de billets cette année. Et ça peut expliquer bien, bien, bien des choses. À côté de ça, Est-ce que les prix pour ne pas être dans un stade

[00:39:06] sont liés au stade et au marché du stade? Oui. Ou c'est... OK, parce que je me disais, ça ne peut pas être la FIFA qui a... C'est ça, je comprends. Oui, c'est la FIFA qui a historié les prix dynamiques. OK. Là aussi, je me permets une parenthèse, Gilles. Les prix dynamiques, ça veut dire qu'ils montrent un peu comme dans l'aviation. S'il reste moins de place, les billets sont plus chers. C'est le même principe. Parce que presque toutes les compagnies d'aviation maintenant fonctionnent avec ça. Oui, tu veux voir Argentine avec Messi dont tu as parlé tantôt. Tu veux voir le dernier match de Ronaldo? Il reste moins de place, donc ça est rendu à tel prix. Il reste moins de place, ça va coûter un petit peu plus cher.

[00:39:36] Oui, puis je me permets une parenthèse importante, Gilles, parce que j'ai entendu quelque chose. Juste avant l'entrevue, je pense que je l'ai vu 10 fois sur YouTube. OK. Ce n'est pas de la faute de Trump, le prix des billets. Ce n'est pas de la faute de Trump. Puis le prix dynamique, ce n'est pas de la faute de Trump non plus. Tout ce qui est en lien avec la vente des billets, c'est la FIFA. Alors la FIFA a dit cette année, on va mettre plus d'équipes. Il y aura donc plus de matchs.

[00:40:06] Donc on va vendre plus de billets. Puis comme on est dans le marché nord-américain, on voit ce qui se passe dans les autres sports. On s'aperçoit que notre billet à 12$, il est ridicule. Tu sais, c'est un petit peu comme une fois de temps en temps que je rencontre des gens puis qu'ils me disent le prix du billet au festival d'été, il est cher. Puis à chaque fois que j'entends ça, évidemment, je manque de, j'allais dire, de m'évanouir, mais là, je ne veux pas trop en mettre. Non, non, mais tu n'es pas tout seul. Mais je suis renversé

[00:40:36] et je dirais gentiment sortez. où on se parle du festival d'été, c'est que ce n'est même pas le prix normal pour un show ailleurs. Un. Coachella, Coachella, j'entends. Oui, bien oui. Trois jours pour 500 au lieu de 540. Ah, c'est, il est donné. Alors là, ce que viennent de réaliser beaucoup de gens, puis je comprends que c'était le fun des billets à 12$.

[00:41:06] Je comprends ça. Moi aussi, je peux te sortir mes vieux billets des Nordiques. Je rappelle toujours que mon billet de saison pour 40 games plus les deux premières rounds de série plus les 5 matchs hors concours me coûtaient 350, 350$ au total. Aujourd'hui, 350$, c'est un billet, n'est-ce pas? Oui. Mais dans le temps. Le match ordinaire, il n'y a pas de série là, 350$. Non, non, non, puis j'ai encore gardé le contrat. C'est sûr que la datilo, la... Je suis sûr que c'est vrai. Oui, le pire, c'est-tu quoi?

[00:41:37] Une fois de temps en temps juste pour te dire comment je suis malade. Je me dis, il faudrait que je l'ai encore. J'ai quelqu'un pour te faire sourire parce qu'on regarde toutes sortes de cochonneries. Moi, tu sais, il y a eu beaucoup de promos qui étaient liés justement au Nordique parce qu'il y avait le zoo. À l'époque du zoo, les Nordiques, il y a eu des bonnes années et des mauvaises aussi. Mais récemment, quelqu'un qui m'a écrit et m'a dit, ça a l'air que tu serais le seul gars à Québec qui pourrait me trouver la sus de Lindros. Parce que Lindros ne voulait pas venir jouer à Québec. On avait fait des sus marquées Lindros Nordique ou pas trop quoi. On avait distribué ça

[00:42:06] sans la permission des Nordiques au Colisée de Québec. Ça avait fait un scandale. Ça a fait rire tout le monde. Mais ça a fait un scandale parce qu'on n'avait pas le droit de faire ça. On n'a pas été en prison pour ça. Mais effectivement, j'ai dit au gars, je pense que j'en ai encore la sus emballée de Lindros. J'ai encore ça. C'est tellement drôle parce que ça a été une affaire. Tu te rappelles-tu que ça a été fait à Québec? Très bien. C'est ce qu'on a. Pas plus tard que peut-être six semaines YouTube l'a montré. C'est peut-être pour ça que j'ai une demande.

[00:42:36] J'ai une demande pour la six. En tout cas, on ferme la parenthèse, on vient à la Coupe du Monde mais comme quoi. Attends, on ne s'ouvre pas. Non, OK. Si tu as une sus, il t'en reste une. Oui. Je l'affure. Arrête. OK. Ça m'en prend deux. Donc, ça m'en prend deux. Oui. Parfait. Je cherche dans tes vieilles voix. Je continue. Je suis en déménagement. Si je suis en plein déménagement, ça se peut que j'ai les voix. OK. Parfait. J'avais une question avant de l'oublier sur la pub. En revenant sur le sujet. Mais la pub canadienne,

[00:43:06] est-ce que les grands annonceurs nationaux comme, mettons, Canadian Tire, Tim Horton, pourront être vus en payant le prix que ça coûte, mettons, à Toronto ou dans les réseaux sportifs canadiens? Alors, c'est pas mal les mêmes annonceurs que je t'ai nommé tantôt. OK. Il n'y aura pas d'annonceurs canadiens à ton avis? Il va y avoir des annonceurs canadiens. Oui. Non, je ne dis pas qu'il va y avoir des... Il va évidemment y avoir des annonceurs canadiens, mais ce que j'appellerais la tendance lourde... OK. Ça va être les gros commanditaires. Le gros, c'est les gros... Les plus présents, ça va être Budweiser

[00:43:35] et McDonald's et Coke et les autres. Et Coke, oui, je pense que tu vas les voir à répétition. Tellement qu'à la fin, connaissant le marché canadien, il y a moins d'argent, donc on tourne moins de pubs, moins de concepts. Ça va être répétitif. Après moi, dans 30 jours, tu vas trouver ça tannant. Surtout que quand je regarde la pub du Super Bowl au Canada chaque année, IW, je prends les exemples canadiens, IW et les autres, je trouve ça généralement pitoyable comme publicité. Alors,

[00:44:05] c'est sûr qu'au Canada, le jeu est un petit peu plus limité. Il y a moins de moyens financiers, évidemment. Puis sur le plan créatif, je pense qu'il n'y a aucune comparaison avec les États-Unis. De la même manière que quand je regarde la pub du Bye Bye, je suis forcé de constater que les meilleurs créateurs publicitaires au Canada, ils sont au Québec. C'est clac, clac, clac. Oui, je suis d'accord. Et ça s'expliquerait culturellement, j'allais dire, ça serait un cours. Mais tu dois en parler à tes étudiants à l'université, c'est sûr. Évidemment,

[00:44:34] la beauté d'où j'enseigne, c'est que c'est au quotidien que je vois tout ça puis que je comprends que c'est un pont entre Gatineau puis Ottawa, mais la réalité, c'est plus qu'un pont. Sociologiquement, il y a quelque chose qui est absolument renversant. Fascinant, oui. Parce que politiquement, ce n'est pas deux pays, mais sociologiquement, je crois que c'en est deux. Je reviens donc au maillot, parce que ça, c'est l'autre truc. Évidemment, ça prend un ballon pour jouer,

[00:45:04] ça prend des maillots puis ça prend des chou-claques. Ça prend des... Dans le temps, je m'échappe, je donne mon âge, des chou-claques, mais ça prend des souliers. Des souliers, des souliers, des chou-claques, on se comprend pareil. Mais dans le temps, c'était des chou-claques. Et donc, Adidas va commanditer 14 équipes. Alors, ça veut dire que les chandails de ces équipes-là, c'est les chandails Adidas. Ce qui est remarquable, je crois, et c'est une entreprise dont on n'a toujours pas parlé dans le podcast

[00:45:34] depuis le début, toi et moi, Gilles, c'est Nike. C'est vrai. Parce que Nike, historiquement, avait rien à voir avec le soccer, rien à voir avec le foot. Et ils ont réussi à travers le temps, à force de pubs, de commandites également, à s'associer, oui, à créer en tout cas un espace, un espace qui est significatif. Et cette année, c'est 12 équipes. Donc, Adidas 14, pour une entreprise au fond qui est là depuis, je dirais, les tout débuts

[00:46:03] de ce que j'appelle moi la version marketing, la Coupe du Monde. Alors, 1970, ce n'est pas la première Coupe du Monde, mais c'est ce que j'appelle moi la naissance du bébé marketing, foot. C'est Adidas. Nike, Nike suit avec 12 équipes, dont les États-Unis et le Canada. Alors, comme ça se tient aux États-Unis, au Canada, c'est certainement significatif. Et au-delà de ça, tu as Kappa, Umbro, tu as Puma

[00:46:33] qui, lui, avait 11 équipes. Alors, dans le fond, Puma n'est pas très loin de Nike. Et là, regarde la stratégie, je la trouve géniale. C'est qu'au fond, dans la vie, il faut toujours que tu acceptes qu'une partie de ce que tu es capable de déployer comme effort marketing est liée à tes moyens pécuniens, financiers. On est d'accord? Ça ne veut pas dire que sur le plan créatif, tu n'es pas capable d'avoir une meilleure idée. Mais ça veut dire que la réalité, c'est que si tu avais des meilleures idées à répétition, un matin, Adidas,

[00:47:03] ou Nike va t'appeler. On s'entend là-dessus, c'est l'implacable réalité. Alors, mettons que vous êtes bon, un matin, il est qu'on vous appelle. C'est ça que ça veut dire. Alors ici, ce qui est amusant, c'est que Puma habille 11 équipes. Mais Puma dit, nous, on n'a pas les moyens d'Adidas. Je te rappelle que Puma, donc, c'est le frère de l'autre, deux frères. Je n'ai pas les moyens de mon frère. Évidemment que les deux sont décédés depuis, mais je n'ai pas les moyens d'Adidas.

[00:47:32] mais qu'est-ce que je peux faire? Il y a plein d'équipes qui, juste avoir un chandail, ils vont être contents. N'est-ce pas? Oui. Il y a probablement des équipes qui sont dans des marchés, mettons, appelons-les, secondaires. Là, vous allez me dire, c'est quoi des marchés secondaires? Puma se concentre beaucoup, par exemple, sur l'Afrique. En disant, là, il y a quelque chose qu'on peut faire ici qui est substantiel. Et en même temps, une fois de temps en temps, il y a toujours une équipe

[00:48:02] qui va se faufiler. Il va y avoir, durant cette Coupe du Monde-ci, une anomalie. C'est-à-dire, il y a une équipe qu'on ne voit pas venir. Ben oui, comme il est arrivé dans la Ligue nationale dans la région. Il y a toujours ça. Moi, j'ai le souvenir, je vais reculer dans le temps, mais la première fois que c'est arrivé pour une équipe africaine, c'est le Cameroun, qui s'était rendu très, très loin et qui avait une équipe extraordinairement sympathique parce qu'il y a des équipes pas sympathiques, n'est-ce pas? Souvent, les équipes de première place, ce n'est pas les équipes

[00:48:31] les plus sympathiques. Alors, la beauté, dans le cas de Puma, c'est qu'ils sont associés à des joueurs sympathiques. Et dans ce cas-ci, 11 équipes. Alors, c'est significatif. Puis, à côté de ça, tu as tous les autres parce qu'une fois que Puma a identifié ses 11 équipes, probablement qu'ils se sont dit on a fait le tour. Puis là, arrive d'autres joueurs, prend Umbro, qui serait un exemple, puis qui dit, nous, on n'a vraiment pas beaucoup de moyens, mais peut-être qu'on pourrait identifier un ou deux pays qui sont là pour la première fois

[00:49:01] puis s'associer à ces équipes-là. vois-tu un petit peu? Oui, très bien. Pour être à la hauteur de nos ambitions et nos moyens. Oui, alors, mettons, on prend Marathon. Marathon, je ne les connais pas. C'est ça, honnêtement, je ne les connais pas. Mais, ils disent, on va identifier un pays puis on va être capable de faire un petit bout du chemin. Là aussi, pour ceux qui s'intéressent, dans mon infolette consacrée à cette histoire-là de Poupe du monde, j'ai un très beau tableau dans lequel tableau, vous avez

[00:49:31] tous les commanditaires, C'est assez impressionnant, j'ai vu ça tantôt. C'est très, c'est très, très, très, très amusant. Je voulais, je vais revenir sur une petite, c'est une aparté par rapport à ce que tu as dit mais tu as parlé d'adidence puis, petite anecdote, je contais à mon fils que quand moi, tu sais, quand j'étais jeune, je vais exagérer volontairement, tenez le volant à deux mains, mais je rêvais, mettons, à l'âge de 12, 13, 14 ans, je commençais à penser à avoir des enfants peut-être plus tard,

[00:50:01] avoir ma première auto à moi, tu sais, les rêves qui existent peut-être un peu moins pour l'auto aujourd'hui, mais quand même, c'est plus les voyages peut-être les jeunes, mais tu sais, il y avait ça, mais il y avait aussi dans quelque chose de plus accessible d'avoir des Adidas gazelles, les fameux espadrilles gazelles, mais là, on parle des années 70, ok? Puis là, quand j'ai dit ce qui est revenu parce qu'Adidas, c'est peut-être un des plus beaux retours puis peut-être moi qui m'ai impressionné parce que c'est une bebelle de 75, il y a 50 ans, ils ont ramené dans les dernières années,

[00:50:31] ils n'appellent pas gazelles, mais c'est exactement le même jeu, tu sais de quoi on parle avec les trois lignes blanches, c'est fantastique, ils ont mis plein de couleurs différentes, ils ont été très, très audacieux dans leurs couleurs puis ça, mais c'est un succès retentissant, puis j'ai dit, je ne sais pas qui parce que tu sais qu'ils se sont faisant un brainstorm puis on disait, tu sais, les fameux espadrilles qu'on avait il y a 50 ans, on devrait ressortir ça, on a dit, on a une société qui évolue, ça prend des nouvelles idées, pas toujours, mais aussi,

[00:51:01] es-tu d'accord avec ça? Oui, absolument, et là, c'est vrai que tu racontes ça aussi, je précise que j'ai trois filles, donc j'ai beaucoup de histoires avec mes filles, mais j'en ai une qui m'est arrivée avec ça hier et ils sont magnifiques. Les anciens gazelles, autrement dit, les trois lignes, une couleur qui doit être superbe, c'est ça? Oui, et c'est des couleurs évidemment qui existent dans le temps, parce que dans le temps, oui, c'est ça, dans le temps, tu avais comme, mettons, j'ai vu un pastel jaune, exceptionnel, j'avais le goût de les acheter tellement il était beau. J'en ai vu,

[00:51:31] moi aussi, je les ai vus et je me suis dit, tu étais jaloux de ta fille, c'est ça que tu dis, dans le fond. J'y regardais, là, je me suis dit, j'explique-tu que... J'en ai eu quand j'avais 15 ans. Mais en même temps, c'est que sur le plan du choix des couleurs et des combinaisons de couleurs, surtout, parce que c'est surtout ça à la fin, là, on est complètement ailleurs. Puis je soupçonne que, mettons, tu as une combinaison de couleurs en tête, tu te dis, je soupçonne que la combinaison de couleurs existe

[00:51:59] et tu peux l'acheter. Adidas a fait ça aussi avec d'autres souliers, les Stan Smith. Ah, OK. Tu te souviens, les Stan Smith, oui, dans le temps. Moi, ça reste encore aujourd'hui, je les trouve encore magnifiques. Puis on a eu ça aussi avec toutes sortes d'autres... Oui, oui, c'est vrai. Les Converse, je pense les Converse. Ça aussi, j'ai souvenir de mes jeunes qui arrivent avec des Converse en me disant, ils sont-tu beaux ces nouveaux souliers-là? C'est pas si nouveau, là. J'en avais en 70 quand je faisais du skate

[00:52:29] dans la côte de Robert Bourassa, le tunnel qui mène à Place Laurier, à Place Sainte-Foy. Je sais pas si tu le vois, le tunnel. Oui, oui. Moi, j'ai souvenir du tunnel, mais pas ouvert, tu vois-tu? Il y a, il y a... Mon Dieu. OK. Et là, dans le temps, on descendait. Sur la statue du Valon dans le temps, là. Ça devait pas être Robert Bourassa encore, Oui, oui, c'est ça. C'est du Valon. Du Valon. Oui, effectivement. Et j'ai souvenir de ça très, très bien. Je te dis pas que ça a duré longtemps qu'on pouvait s'amuser comme ça,

[00:52:59] trois, quatre semaines, mais... Est-ce que... Excuse-moi pour la coupe du monde. Oui, vas-y, vas-y. Je reviens au bouton. Mais on est capable de faire des apartés, c'est le fun. Je pense que oui. Est-ce que, tu penses qu'on a estimé, est-ce qu'on est capable de savoir l'intérêt canadien, américain, de l'Amérique du Sud aussi, pour... Pas juste le monde entier, parce qu'on sait que c'est fort, le mondial. Mais est-ce qu'on sait si ça va être écouté localement? Est-ce qu'on s'attend? Est-ce que les gens embarquent là-dedans? C'est l'été, tu vas me dire, mais c'est quand même gros.

[00:53:29] Puis on est assez... On est assez rapidement fanat d'événements. Prends le Canadien, la poussée du Canadien en série a fait qu'il y a des gens qui me disent, moi, j'écoute même pas le Canadien, j'écoute l'événement. Tout le monde l'écoute, je l'écoute. Tu sais, c'est pas le côté mouton, mais le côté... On va tenter, évidemment, si tu parles d'un niveau d'émotion similaire à ce qu'on peut observer n'importe où ailleurs. On ne sera pas italien.

[00:53:59] Non, évidemment pas. Parce qu'encore là, si je te demandais, nomme-moi trois joueurs de l'équipe canadienne. Moi, c'est impossible. Même le joueur d'orgue, je ne sais pas qui. Si je te disais, il y a un des meilleurs joueurs, un petit virus, un petit problème de santé depuis une couple de jours, tu me dirais... Je n'ai pas entendu parler. Non, mais toi, oui. On est là-dedans. Mais je crois que ça contribue certainement à la popularité du sport dans un univers,

[00:54:29] je le rappelle, qui est essentiellement un univers de business parce que si on est capable juste l'espace d'un instant d'oublier que c'est des matchs de foot, puis je ne prétends pas que ça n'en est pas, mais la réalité, c'est qu'on est toujours dans le marketing. Aux États-Unis, lors de la dernière Coupe du monde qui a été présentée là-bas, en 1994, de mémoire, lors du premier match, on avait fait un sondage. Ce qu'on avait constaté, c'est qu'il y a 70 % des gens qui ne savaient pas que cet événement-là avait lieu. Là, je crois que cette fois-ci,

[00:54:59] il y a plus de monde qui sont au courant que l'événement va avoir lieu. pour toutes sortes de raisons, entre autres des raisons démographiques, au Canada comme aux États-Unis, je crois que c'est une Coupe du monde qui va être davantage suivie que les Coupes du monde précédentes. Et n'oublions pas, pour ceux qui sont peut-être moins familiers avec de où on part, que pendant longtemps en Amérique du Nord, voir l'ensemble des matchs, c'est impossible. Je dis souvent ça à mes étudiants parce que si tu posais cette question-là à mes étudiants, évidemment,

[00:55:28] ils sont là-dedans, mais vraiment 24 heures sur 24, je ne te compte pas de blague, Gilles. J'avais déjà raconté à Paul Arcand que mes anecdotes de hockey marchaient moins dans mes cours et à ton ami Alain Crête, d'ailleurs, qui était là cette fois-là. Ils avaient ri les deux beaucoup, j'ai souvenir de ça, ils avaient trouvé ça très amusant, mais ce n'était pas une blague. Ce que je veux dire, c'est que c'est comme ça. Alors, c'est sûr que cette Coupe du monde va être davantage suivie et tu regarderas le nombre d'annonceurs et le nombre de pubs

[00:55:58] et la FIFA pour, d'ailleurs, faire plaisir aux gens qui retransmettent les matchs, a aussi inventé des espaces publicitaires cette année en disant, OK, le petit défaut avec le soccer, le foot, c'est qu'on n'avait pas prévu ces espaces-là à l'origine parce qu'à l'origine, c'était du sport. Alors que dans le cas de la NFL, reconnaissons que si on avait à créer à nouveau le sport, on ne changerait pas grand-chose au niveau de la séquence parce que tu as un premier jeu, un arrêt, un deuxième jeu, un arrêt,

[00:56:27] un troisième jeu, un arrêt, d'accord, après ça, tu as un botté, l'autre équipe reçoit le ballon, on fait un caucus, etc. On peut mettre de la pub partout, partout, partout, partout, partout. Et ils le font d'ailleurs. Et ils le font d'ailleurs avec beaucoup de talent. Alors que dans le cas du foot, c'est un peu ça le problème. Alors, tu vas avoir des pauses, il fait trop chaud, exemple, bien ça, la réalité, c'est une pub publicitaire. Et il y a certaines chaînes à travers le monde qui ont dit, nous,

[00:56:58] affité de ces espaces-là, mais je suis convaincu que dans d'autres univers ou d'autres juridictions, en tout cas d'autres pays, je pense au Canada ou aux États-Unis, je suis sûr qu'on va Mais en partant, au 14, il y avait 64 matchs, puis là, ils vont être à 104, si je comprends bien. Ça fait que déjà, il y a plus d'espace, plus de possibilités. Moi, ma question, ce serait la dernière, mettons, sur cette, il y a bien d'autres choses à dire, mais il y a eu une tendance que moi, j'ai noté, je ne dis pas que c'est eux qui ont lancé l'affaire, que j'ai noté avec les Jeux olympiques, à un moment donné, on s'est rendu compte

[00:57:28] que les coups étaient tellement exorbitants qu'on a permis, on a commencé à regarder deux pays en même temps, quelques villes en même temps, pour être un peu moins sacro-sain comme les Jeux ont toujours été. Puis, est-ce que tu penses que cette nouvelle avancée de la FIFA, c'est-à-dire trois pays, 16 villes différentes, ça pourrait, est-ce que ça peut marquer le pas pour qu'on voit ce genre d'alliance ailleurs dans le monde éventuellement? Je pense que oui, d'autant plus que la prochaine, allons pas très loin, 2030,

[00:57:57] c'est le Maroc, le Portugal et l'Espagne. Voilà, donc, on a tracé le chemin. Avec les matchs, oui, et comme on va fêter le centième anniversaire de la création de ça, de cet événement-là, l'Uruguay, l'Argentine, le Paraguay vont aussi recevoir des matchs. Alors, tu vois, on est déjà dans une espèce de logique similaire et oui, je ne serais pas surpris que dans un futur pas très éloigné, on se dise, compte tenu des coûts, la beauté dans le cas du Portugal,

[00:58:28] l'Espagne et le Maroc, ils sont tellement proches et ça fait même à certains égards plus de sens que même cette année parce que je ne sais pas si tu as un petit coup d'œil sur la carte, tu as des équipes qui vont voyager en City, Monaco, en City, parce que, bien, parce que tu as des matchs au Canada mais tu as Vancouver d'un côté, tu as Miami de l'autre côté, Miami va être un succès remarquable parce que c'est le hub évidemment de l'Amérique du Sud, n'importe qui qui est allé là d'ailleurs arrive

[00:58:57] à l'aéroport puis déjà, moi quand j'arrive là, on ne me parle qu'en espagnol puis là, il faut que je leur explique j'ai peut-être la face d'un gars qui pourrait être d'Amérique du Sud mais je suis... Tu es un imposteur sur la langue. Je ne suis qu'un humble québécois mais je ne suis pas pire avec... Oh là! J'ai mis trois la face là-dessus. Alors, bonnes coups du monde! Bonnes coups du monde! Merci, prof du monde! Salut!