Donald Trump est-il en train de perdre son emprise sur l'Amérique?
À quelques semaines des élections de mi-mandat, les républicains jouent gros. Ils contrôlent actuellement les deux chambres du Congrès, mais Donald Trump est impopulaire, l'économie inquiète les électeurs et les démocrates semblent particulièrement mobilisés.
Alors, les élections de novembre seront-elles un référendum sur Donald Trump? Et surtout… que se passe-t-il après Trump?
Parce que pendant que les Américains se préparent aux midterms de 2026, une autre campagne commence déjà à se dessiner : celle de 2028.
[00:00:05] Parent et Amis, avec Gilles Parent Bonjour et bienvenue sur Parent et Amis. On a un gros sujet aujourd'hui, on a un très très gros sujet et je pense que la personne qui va nous en parler, qui va traiter de ce sujet-là, va réussir à vous intéresser. En tout cas, moi j'ai très hâte de lui parler.
[00:00:30] Le sujet évidemment, c'est pas Donald Trump qu'on va parler, c'est de vous en pas, mais la question qu'on pose aujourd'hui est-ce que Donald Trump est en train de perdre son emprise sur l'Amérique? À quelques semaines des élections de mi-mandat maintenant, les républicains jouent gros, contrôlent actuellement les deux chambres du Congrès, mais Donald Trump est impopulaire, l'économie inquiète, les électeurs et les démocrates semblent particulièrement mobilisés.
[00:00:51] Cette fois-ci, Trump ne sera pas lui-même sur le bulletin de vote, donc ça change. Les élections de novembre sont-elles un référendum sur Donald Trump depuis quelques années et surtout, que se passe-t-il après Trump? Parce qu'il faut y penser déjà. Pour nous aider à comprendre cette Amérique politique en pleine transformation, j'ai le plaisir évidemment de recevoir une journaliste qui connaît particulièrement bien les États-Unis, leur politique et leur coulisse, Marie-Christine Bonzon.
[00:01:15] Elle est politologue, journaliste, basée à Washington pendant près de 30 ans. Marie-Christine Bonzon a été journaliste à Voice of America, correspondante de la BBC. Elle a couvert les mandats de cinq présidents américains, George Bush père, Bill Clinton, Bush fils, Barack Obama et bien sûr, Donald Trump à deux reprises. Aujourd'hui, elle est en France d'où elle décrypte la politique américaine, les politiques des États-Unis pour les médias français et internationaux. Marie-Christine Bonzon, bonjour. Bonjour Gilles. Comment vas-tu? Toujours un plaisir de te parler.
[00:01:45] Absolument. J'en ai bien quand je te parle. Oui, puis là, quand ça va bien, quand tu réussis à me parler, c'est bon. Exactement. On va juste dire aux gens qu'on a eu quelques pépins techniques que vous ne devez pas subir, mais qui nous a fait un petit peu pas rager. On y est arrivé. Questionné, on y est effectivement. On a un bon sujet aujourd'hui, bon étant relatif, mais on a un gros sujet. Où en est Trump? Commençons avec ça, Marie-Christine. Où est Donald Trump aujourd'hui?
[00:02:10] Donald Trump aujourd'hui, il est un président extrêmement controversé, extrêmement impopulaire. Il n'est plus perçu, surtout comme un populiste aujourd'hui. Il est perçu comme quelqu'un qui a fait campagne sur la base d'un agenda, d'un ordre du jour populiste, mais qui ne le réalise pas lors de ce deuxième mandat qu'il a commencé il y a maintenant plus d'un an et demi.
[00:02:37] Sa cote de popularité ou d'impopularité, plus précisément, est importante, puisqu'il ne fait qu'en moyenne des sondages. Tu sais que je ne parle qu'en moyenne des sondages dans cette émission la plupart du temps, parce que les sondages pris isolément, on le sait, particulièrement aux États-Unis, particulièrement d'ailleurs pour les midterms, c'est-à-dire dans les élections de mi-mandat qui se déroulent dans les États, sont relativement peu fiables. Et donc, il faut mieux prendre une moyenne de sondage.
[00:03:03] Et dans cette moyenne de sondage, on voit qu'à l'heure où nous nous parlons, on enregistre le mardi 8 septembre, avant la fameuse convention républicaine, historique et sans précédent, que Donald Trump a convoquée à Dallas, au Texas, pour mercredi et jeudi. Eh bien, il ne fait que 39,7% de satisfaits et 57% de mécontents. Alors, les deux courbes, on en avait parlé dans l'émission précédente qu'on avait fait ensemble, les deux courbes mécontents, satisfaits,
[00:03:31] se sont croisées très rapidement dans le cas de Trump, bien avant les deux courbes sous Joe Biden. On se souvient que sous Joe Biden, ces deux courbes s'étaient croisées au bénéfice des mécontents, si on peut dire, contre Joe Biden. S'étaient croisées seulement six mois après le début de sa mandature, après la catastrophe du retrait américain d'Afghanistan en août 2021. Pour Trump, ça s'est passé très rapidement, puisque c'est le 12 mars 2025 seulement.
[00:04:00] C'est-à-dire quelques semaines après son retour à la Maison-Blanche, que les deux courbes se sont croisées et que les mécontents ont supplanté les satisfaits. Et depuis, Donald Trump n'est jamais remonté au-dessus de 48% de satisfaits. Donc, c'est un président impopulaire. Alors, cela dit, il faut le remettre un petit peu dans le contexte de l'histoire récente des États-Unis et comparer avec ses prédécesseurs immédiats.
[00:04:24] Et là, on voit que Barack Obama, qui a fait lui aussi deux mandats, il faut le comparer aussi Donald Trump, évidemment, à des présidents qui ont fait deux mandats, puisqu'il est dans son second mandat. Obama, le 8 septembre 2014, donc on est dans le deuxième mandat d'Obama, faisait 42,3% de satisfaits. Donc, c'est plus que Trump au même moment de son mandat. Mais ce n'est pas phénoménalement plus que Trump. C'est quoi ? 2,5% à peu près.
[00:04:54] Quant à George W. Bush, l'autre président a deux mandats qui est relativement récents dans l'histoire des États-Unis. On voit qu'au 8 septembre 2006, juste avant, là aussi, des midterms, dans le deuxième mandat du Bush-fils, eh bien, il ne faisait que 41% de satisfaits, ce qui est relativement comparable, là aussi, à Donald Trump. Donc, Donald Trump est impopulaire.
[00:05:19] Il est impopulaire d'une manière relativement comparable à Barack Obama et à George W. Bush à ce même moment de leur présidence, à quelques semaines d'élection demi-mandat. Et cela n'est pas de bonne augure pour Donald Trump, puisque, historiquement, de toute façon, que le président soit populaire ou pas populaire, le parti d'en face, puisqu'on est toujours dans un système à deux partis uniquement aux États-Unis.
[00:05:44] On sait que c'est un bipartisme très rigide aux États-Unis. Le parti d'en face, le parti d'opposition, ici, le parti démocrate, est favori pour ces élections demi-mandats, puisque c'est toujours, plus ou moins depuis 1938, en histoire américaine, que le parti d'opposition va gagner les élections demi-mandats, d'autant que Donald Trump est un président très impopulaire.
[00:06:10] Et donc, cela favorise le parti d'en face, bien sûr, parce que les électeurs, qui ont commencé, d'ailleurs, à se détourner de Donald Trump, y compris des électeurs relativement fervents, au début, envers Donald Trump, ces électeurs-là, soit vont décider de rester à la maison et de ne pas voter, soit voteront pour le parti d'en face, c'est-à-dire pour le parti démocrate, afin d'exprimer ce mécontentement pour la première fois du deuxième mandat. Dis-moi, Marie-Christine, est-ce qu'on peut dire que Trump est en train de devenir un boulet pour les candidats républicains?
[00:06:39] Bien sûr, il est un boulet. Il est un boulet à tel point que de nombreux candidats républicains pour le Sénat, pour la Chambre des représentants, pour les postes de gouverneurs, ne souhaitent pas être vus en sa compagnie, c'est-à-dire qu'ils ne souhaitent pas être associés à Trump, au mot Trump, ne serait-ce qu'au mot Trump, il fuit. Et d'ailleurs, on le voit, puisque lors de la Convention républicaine, donc du parti républicain qui est organisé, je le disais, sans précédent dans l'histoire des États-Unis, c'est-à-dire qu'un des deux partis décide d'organiser une Convention,
[00:07:09] ce que ces deux partis font, bien sûr, par tradition, avant les élections présidentielles, mais là, il le fait, Donald Trump, avant une élection de mi-mandat, un scrutin de mi-mandat. Et il le fait pourquoi? Parce qu'il est en difficulté, et parce qu'il veut essayer de faire mentir l'histoire, l'historique que je viens de décrire, Gilles, pour essayer de remporter des élections de mi-mandat, en dépit de ce contexte et de ce climat très défavorable au président d'exercice qu'est Donald Trump.
[00:07:38] Est-ce qu'on peut dire qu'il est encore puissant auprès de sa base? Est-ce qu'on sous-estime encore, tu penses, la fidélité de l'électorat Maga? Oui, je pense qu'on continue depuis l'existence de Donald Trump en tant que personne politique, en tant que personne politique, depuis qu'il a descendu le fameux escalator de la Trump Tower en juillet 2015. Oui, on sous-estime le soutien et le niveau de soutien de sa base, et on sous-estime également, si tu veux, la largeur de cette base.
[00:08:07] C'est-à-dire que cette base, ce ne sont pas seulement des Blancs et des Blancs républicains à la base. Non, pas du tout. Ce sont des gens qui sont beaucoup plus différents que tout cela et beaucoup divers que tout cela. On le sous-estime parce que c'est très difficile d'appréhender cet électorat puisque Donald Trump a toujours beaucoup puisé dans justement parmi des électeurs qui votent très peu, très peu souvent, ou qui n'ont pas voté depuis longtemps. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles il organise cette convention républicaine,
[00:08:36] notamment au Texas, mercredi et jeudi, le 9 et le 10 septembre, c'est aussi pour essayer de remobiliser cette base purement maga, c'est-à-dire la base de la base, je dirais l'ultra base maga, qui a donné des signes de fracture autour de dossiers comme l'immigration. Certains, au sein de l'ultra base maga, reprochent à Donald Trump de ne pas avoir été assez dur envers les immigrés illégaux,
[00:09:06] ce qui peut paraître bizarre si on n'est pas maga, mais ils considèrent qu'il n'a pas été assez loin. Surtout, ils lui reprochent d'avoir également été favorable à certains programmes d'immigration légale qui leur déplaisent, comme les visas H-1B, qui sont des visas destinés à des gens qui sont formés, par exemple, à l'informatique en Inde et qui viennent aux États-Unis pour travailler à la Silicon Valley et ailleurs aux États-Unis dans le secteur de l'informatique.
[00:09:35] Donc, on a vu qu'il y a eu des fractures au sein de la base maga au sens large et au sein de l'ultra base maga également. On a vu, par exemple, des personnalités comme Tucker Carlson, comme Megyn Kelly, comme d'autres, comme Candace Owens, se déchirer littéralement en public, notamment après l'assassinat de Charlie Kirk il y a tout juste un an, puisque Charlie Kirk, ce jeune militant républicain conservateur,
[00:10:02] a été assassiné le 10 septembre 2025 et le procès de son assassin aura lieu très bientôt. Il est en cours maintenant, mais ce sont simplement les préliminaires sur le plan judiciaire qui ont lieu. Et donc, on voit qu'il y a la nécessité pour lui, bien sûr, Donald Trump, de non seulement remobiliser le parti républicain dans son ensemble, mais surtout cette ultra base maga qui ne voque littéralement que quand il est sur le bulletin.
[00:10:31] Or, Donald Trump n'est pas, évidemment, sur le bulletin d'élection législative. Il ne se présente pas en tant de député, ne présente pas en tant que sénateur, ni en tant que maire. Mais il va le dire, lors de cette convention républicaine, il va dire, « I am on the ballot ». Il va prendre la parole les deux jours. Il va prendre la parole mercredi, il va prendre la parole jeudi. Et donc, il entend marquer de son empreinte cette convention pour essayer de persuader l'ultra base maga
[00:10:59] qu'il est crucial pour elle de se remobiliser, bien que Trump ne soit pas officiellement sur le bulletin. « Faites comme si », va-t-il dire, « Faites comme si je suis sur le bulletin, venez me soutenir ». Et pourquoi ? Parce que, tout simplement, Donald Trump et les Républicains savent très bien que s'ils perdent les élections de mi-mandat, ça sera effectivement la fin de sa présidence. Le président de la Chambre, d'ailleurs, le républicain, Mike Johnson, l'a dit exactement il y a quelques mois. Il a dit, ça ne sera plus une présidence à quatre années,
[00:11:29] mais une présidence de deux années seulement, la présidence Trump, le deuxième mandat. Pourquoi ? Parce que dès que les démocrates l'emporteront à la Chambre et peut-être au Sénat, si cela est le cas le 3 novembre prochain, lors du scrutin, eh bien, ils ont déjà peaufiné leurs armes contre Donald Trump et il y aura des enquêtes parlementaires, il y aura des procédures d'impeachment qui seront lancées contre lui, contre des membres de sa famille, des membres de son gouvernement. Enfin,
[00:11:57] c'est déjà pas mal le cirque, la politique américaine en ce moment, mais s'il y a victoire, et grosse victoire démocrate, c'est-à-dire victoire non seulement à la Chambre, mais aussi au Sénat, eh bien, les démocrates seront dans la mesure non seulement d'inculper pour impeachment, pour destitution de Donald Trump à la Chambre, mais effectivement, ils seront en mesure de voter la destitution de Donald Trump une nouvelle fois, puisqu'ils l'ont déjà fait plusieurs fois, on peut dire, au cours des dernières années.
[00:12:27] Marie-Christine, Trump veut faire des midterms, un référendum sur son bilan, alors que les démocrates veulent que ça soit sur Trump lui-même. Donc, est-ce qu'il y a quelqu'un parmi les deux qui est en train de gagner cette bataille narrative? Alors, il faut dire que les républicains autour de Trump s'arrachent les cheveux, littéralement, en se disant, mais non, surtout, ne dites pas que vous êtes sur le bulletin, M. sur Trump, surtout pas, parce que vous faites le jeu, disent-ils, par médias interposés, par Fox interposés, par d'autres médias interposés, à Trump,
[00:12:57] ils essaient de lui véhiculer le message, comme quoi, si vous dites effectivement que vous êtes sur le bulletin, c'est la fin des haricots pour le parti républicain, c'est terminé. Donald Trump pense, pense qu'il peut, on l'a déjà vu, pour sa réélection historique, un deuxième mandat non consécutif, pour la première fois dans l'histoire des États-Unis, depuis la fin du 19e siècle, il pense que, il semble être persuadé, d'après toutes les informations qu'on a de ses proches et de ses collaborateurs, il est persuadé qu'il peut
[00:13:27] faire mentir l'histoire des États-Unis. Il pense qu'il l'a fait en 2016, en étant élu face à Hillary Clinton, que tous les soi-disant experts de la politique américaine avaient déjà amené jusqu'à la Maison-Blanche. Moi, je ne le pensais pas, mais enfin bon, peu importe. Et il pense effectivement qu'il a défié à nouveau l'histoire américaine en étant réélu pour ce second mandat consécutif. Et il semble être persuadé aujourd'hui
[00:13:56] qu'il peut faire mentir l'histoire américaine en remportant, contre toute attente, on va dire, les élections de mi-mandat le 3 novembre prochain. Les Républicains s'arrachent les cheveux, mais effectivement, les démocrates se réjouissent parce qu'ils disent, ils ont depuis 2015, on le sait, et on en a parlé, toi et moi Gilles, souvent agité le tout sauf Trump comme une espèce de bouée de sauvetage pour eux-mêmes, les démocrates, en disant, c'est l'argument à la fois
[00:14:25] de premier ressort et de dernier ressort contre Trump. les gens vont rejeter Donald Trump parce que Donald Trump est tellement controversé, etc. Le parti démocrate n'est pas si populaire que ça face à Trump. En fait, les deux partis sont très impopulaires. Ils sont aussi impopulaires l'un que l'autre. Ils sont même, tous les deux, chacun minoritaire dans le pays. 27% d'Américains se reconnaissent dans le parti démocrate, 27% se reconnaissent dans le parti républicain.
[00:14:54] La très large majorité des Américains se disent indépendants, c'est-à-dire qu'ils ne se reconnaissent pas ni dans le parti républicain ni dans le parti démocrate. C'est 45% de l'électorat, donc c'est la majorité du pays se dit indépendante et ce sont des gens qui sont désespérés de la situation du pays et qui ne savent plus littéralement où donner de la tête entre ces deux partis qui font tout et qui ont tout fait, Gilles, au cours des derniers mois pour se maintenir au pouvoir
[00:15:23] et pour remporter ces fameuses élections mi-mandat. Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont refait du charcutage électoral. Alors, donnons un exemple. C'est le Texas qui a commencé. Le Texas a commencé, ils trouvaient que, bon, les républicains qui gouvernent au Texas trouvaient que ça ne les avantageait pas assez, ce qu'ils avaient déjà fait comme charcutage électoral. Ils ont commencé à recharcuter à nouveau pour essayer de se ménager. De favoriser, ouais. Exactement, de se favoriser. Le charcutage électoral
[00:15:53] qui est interdit dans la plupart des démocraties occidentales sauf aux États-Unis, le charcutage électoral, ça consiste pour ces deux partis, le parti démocrate, le parti républicain, à en, effectivement, choisir leurs électeurs. Ce n'est plus les électeurs qui choisissent, ce sont les partis qui choisissent leurs électeurs puisqu'ils vont découper des circonscriptions, vont pouvoir se ménager des groupes démographiques qui vont les avantager. Le Texas a commencé début janvier. D'autres États, la Californie, l'État démocrate, a emboîté le pas.
[00:16:22] On a eu plusieurs États. On peut donner l'exemple absolument ahurissant du Maryland, qui est un État gouverné par les démocrates et qui, en ce moment, a été rejeté par la Cour suprême du Maryland, qui a rejeté le nouveau effort de charcutage électoral des démocrates au Maryland. Du coup, les démocrates se sont dit, comme les juges ont rejeté notre charcutage électoral avant les élections de mi-mandat, ce qu'on va faire, c'est qu'on va demander lors des élections de mi-mandat de faire un référendum
[00:16:52] auprès de la population du Maryland pour le demander s'ils veulent supprimer, carrément, supprimer la dernière circonscription républicaine qui existe dans le Maryland. Elle se situe, pour les gens qui connaissent le Maryland et la région de Washington, elle se situe sur la Eastern Shore, c'est-à-dire sur la rive orientale de la baie de Chesapeak. Et donc, on serait dans une situation ubuesque où on demande par référendum aux électeurs du Maryland de supprimer la représentation
[00:17:22] de certains de leurs co-religionnaires du Maryland qui se trouvent être dans une circonscription où il y a un maximum de républicains. Bref, c'est la folie, littéralement. Et pourquoi ? Tout simplement parce que ces deux partis, républicains, partis républicains et partis démocrates, sont, on vient de le voir, désavoués largement par la population américaine, qu'ils sont eux-mêmes à l'interne, chacun d'entre eux, très fracturés, fracture au sein du parti républicain, fracture au sein du parti démocrate,
[00:17:51] on le voit avec cette montée spectaculaire quand même des DSA, des Democratic Socialists of America qui étaient, il y a peut-être encore quelques mois, un groupuscule extrêmement minoritaire et qui est devenu un parti qui prend de plus en plus de, je dirais, de fierté, de plus en plus d'assurance au sein de la grande tante du parti démocrate et qui, de New York avec Mandani au Michigan
[00:18:21] en ce moment avec le candidat Abdoul El-Sayed, espère devenir le nouveau maga démocrate. C'est-à-dire que ce à quoi on assiste en ce moment, Gilles, c'est qu'on a en ce moment ce qui se passe au sein du parti démocrate, c'est essentiellement ce qui s'est passé avec Trump et Maga en 2016. On a une rébellion, un bouleversement interne où on a une faction extrême
[00:18:50] du parti, voire d'ailleurs une faction extérieure au parti, c'est le cas de DSA qui n'était pas membre du parti démocrate auparavant, venir à l'intérieur de l'un des deux grands partis et tenter de le cannibaliser de l'intérieur. Donald Trump a fait cela pour le parti républicain ou au sein du parti républicain en 2015-2016 avec le mouvement Maga et en ce moment c'est un peu la revanche de Bernie Sanders qui avait échoué
[00:19:20] en 2016, le sénateur du Vermont et qui aujourd'hui avec des co-religionnaires beaucoup plus jeunes que lui puisque lui a à peu près le même âge que Trump, des gens comme Alexandria Ocasio-Cortez, maintenant Zoran Mandani à New York etc. essaie de créer une nouvelle rébellion au sein du parti démocrate pour prendre le contrôle idéologique et effectif de ce parti et donc l'un des enjeux des élections de mi-mandat c'est non seulement de savoir si le parti démocrate va confirmer
[00:19:50] cette tendance historique de remporter les élections face à un président en l'occurrence Donald Trump qui est très impopulaire mais l'autre enjeu c'est de savoir si le parti démocrate va gagner essentiellement avec le soutien de l'électorat des DSA et avec les candidats du DSA et ça, ça va être vraiment instructif pour la suite des événements y compris pour 2028 et les présidentielles. Dis-moi, est-ce que le parti républicain aujourd'hui existe encore indépendamment
[00:20:20] de Donald Trump ? Très bonne question Gilles, comme d'habitude. Comme je l'ai dit, Donald Trump l'a cannibalisé avec le mouvement MAGA. Donald Trump ne pourra pas se représenter un troisième mandat bien qu'il a évidemment joué avec cette idée qu'il essaie de faire sortir de l'organ les démocrates à chaque fois qu'il en parle et ça serait inconstitutionnel bien sûr pour lui de se représenter ou d'essayer de se représenter mais il est certain
[00:20:49] que l'avenir du parti républicain est en suspens. Il est en suspens parce que si on se projette vers 2028 qu'est-ce qu'on a comme candidat au sein du parti républicain ? Eh bien si on regarde maintenant les sondages et on est très loin évidemment de l'élection présidentielle donc il est très difficile de faire des projections à deux ans d'une présidentielle américaine mais les gens qui sont en tête du côté du parti républicain c'est J.D. Vance le vice-président de Donald Trump
[00:21:18] mais J.D. Vance ce n'est pas un candidat pour une élection dite générale c'est un candidat pour une primaire si vous voulez et donc on se retrouve dans ce scénario et on va le voir également au parti démocrate étant donné que ces deux partis désavoués minoritaires dans le pays n'ont plus qu'une issue c'est de se tourner vers leurs extrêmes comme je le disais eh bien ils vont présenter des candidats qui sont soit issus de leurs extrêmes ou de leurs franges extérieures
[00:21:47] un peu la Mongolie extérieure du parti démocrate ou du parti républicain et puis des candidats qui sont du serail si vous voulez mais qui veulent être élus lors d'une élection générale c'est-à-dire lors du véritable scrutin présidentiel aux Etats-Unis et non pas des primaires et qui veulent se mettre bien avec la frange extrême ou extérieure de manière à être élus vous voyez donc
[00:22:17] très loin derrière Marco Rubio qui est actuellement donc le ministre des affaires étrangères et puis on trouve en troisième position Don Junior c'est-à-dire le fils l'un des fils de Donald Trump qui est très populaire au sein de la base ultra l'ultra base Maga dont je parlais tout à l'heure qui va essayer de réveiller réveiller lors de la convention républicaine à Dallas ce sont trois personnages qui sont intimement liés maintenant à Donald Trump et on voit mal comment si rien ne change dans le bilan de Donald Trump
[00:22:47] comment un J.D. Evans ou un Marco Rubio et qui plus est un Don Trump Junior on a déjà eu le Don Trump Senior ça va peut-être aller ils vont dire pas mal d'Américains comment est-il possible qu'il se détache du bilan de Donald Trump même de l'ombre de Donald Trump donc ça va être un problème existentiel pour le parti des républicains on ne pourra pas faire l'histoire ne nous donnera pas la chance de faire la comparaison entre Bush père Bush fils Trump père Trump fils ça serait étonnant c'est ce que tu dis
[00:23:17] tout simplement parce que les personnages ne sont pas du tout de la même trempe si tu veux c'est à dire que Bush senior c'était quelqu'un du Serra c'était quelqu'un de Washington il avait été directeur de la CIA c'était quelqu'un qui voilà l'establishment et l'état profond ce qu'on appelait avant l'état profond sans être qualifié de Trump mais bon avant c'était la gauche aux Etats-Unis qui parlait d'état profond maintenant il y a eu ce renversement sémantique idéologique de communication maintenant c'est les magas
[00:23:46] qui parlent de l'état profond mais enfin George Bush senior lui c'était l'incarnation même à la fois du parti républicain de Washington de l'establishment et de l'état profond et donc ensuite il a eu ce fils George W. Bush qui lui est intervenu sur la scène politique en tant que gouverneur du Texas puis en tant que candidat à la présidentielle mais on n'est pas du tout dans la même nature ici on est avec Donald Trump qui on le sait
[00:24:15] est un ancien novice en politique qui a créé une sphère je dirais une trajectoire qui s'est créée avec son mouvement une trajectoire historique en politique américaine et qui a complètement bouleversé et transformé l'un des deux grands partis qui ne sont plus comme je le disais des partis dominants aujourd'hui on va parler des mid-term parce que c'est important ça s'en vient c'est le grand test les démocrates n'ont besoin en théorie que de trois sièges nets à la chambre
[00:24:45] selon Ballotpedia les projections donnent d'ailleurs un avantage important aux démocrates pour la chambre mais ce qui est curieux et je sais que tu l'entends et tu le lis aussi puis t'en parles parce que t'es spécialiste il y a beaucoup de gens qui disent avec tout ce que Trump a pu faire et dire on ne serait pas étonné qu'il essaie d'une façon ou d'une autre de créer un chaos pour éviter les mid-term genre on refuse parce qu'il y a déjà des problèmes avec la poste américaine parce qu'il est en train de moderniser sa façon de voter il l'a dit
[00:25:14] à maintes reprises qu'il s'était fait voler les élections donc ce ne serait pas étonnant qu'il dise même avant les mid-terms que tout est tout croche puis on devrait postponer comme on dit en bon français il y a plusieurs personnes qui croient qu'on ne peut pas comment dirais-je on ne peut pas éviter ou éliminer l'idée qu'ils réussissent à troubler la tenue normale des mid-terms est-ce que tu entends ça est-ce que tu vois ça aussi oui tout à fait c'est un sentiment qui est largement répandu aux États-Unis que ce soit dans les médias mais également
[00:25:44] dans l'opinion que Donald Trump va inventer faire quelque chose pour remettre en cause les élections au demi-mandat soit leur tenue soit leur résultat et il a pris des mesures concrètes tu viens d'en évoquer un petit peu certaines notamment au niveau du langage etc mais pas seulement on peut parler du post office effectivement mais on peut parler également de ce qu'est en train de faire Ahmed Dillon qui est la femme qui gère
[00:26:13] les services du ministère de la justice ministère fédéral de la justice en ce qui concerne l'application des lois sur les droits du citoyen et donc Ahmed Dillon est au travail depuis pas mal de temps pour essayer de sous je dirais sous le prétexte d'essayer de faire passer une loi qui s'appelle le Save Act et qui est une loi qui un projet qui stipulerait que veut Donald Trump
[00:26:42] mais qui pour le moment il a beaucoup de mal à le faire passer au congrès même tenu par les républicains qui est une loi qui stipulerait que qui le dirait à nouveau expressément c'est évidemment sous-entendu et déjà prévu par certains textes américains qu'il faut être américain pour voter et donc pour prouver son américanité ou son étatsunienité pour parler plus précisément le projet le texte
[00:27:12] que soutient Donald Trump au congrès mais pour le moment sans succès stipulerait que l'électeur qui va se présenter le 3 novembre ou même avant d'ailleurs puisque le vote anticipé va commencer dans quelques jours dans certains états pour les élections de mi-mandat et bien que cet électeur doit amener donc la preuve de sa citoyenneté sous la forme d'un certificat de naissance par exemple ce genre de choses donc là il y a énormément de tensions autour de cela et c'est l'une des raisons pour lesquelles le texte pour le moment
[00:27:42] n'a pas encore été adopté à la Chambre et au Sénat pourtant détenu aux mains des Républicains c'est parce que c'est un texte très controversé parce que les gens effectivement craignent que cela ouvre la voie à des discussions sur la tenue des élections ou le bon déroulement des élections de mi-mandat et donc un débat qui serait lancé par Donald Trump pour essayer de remettre en cause les résultats d'autant que
[00:28:11] la femme dont je parlais donc qui sévit au ministère américain de la justice a demandé à tous les états américains de communiquer au gouvernement fédéral donc à l'administration Trump les listes électorales leurs listes électorales car comme je l'ai expliqué dans l'émission plusieurs fois au fil des années Guy pardon Gilles et bien on a effectivement aux Etats-Unis des élections même les élections de mi-mandat qui sont organisées au niveau des états
[00:28:41] et donc qui sont contrôlées par les deux parties selon que le parti démocrate contrôle tel état ou le parti républicain contrôle tel autre état et donc ce que souhaite et ce que demande maintenant l'administration Trump à tous les états y compris aux états démocrates c'est de leur fournir les listes électorales pour essayer dit-elle de comparer justement et de pouvoir comparer voir si effectivement sont tous des citoyens américains qui sont sur ces listes électorales donc l'idée d'une fraude
[00:29:10] a été lancée depuis longtemps par Donald Trump autour des élections il s'en est servi souvent en disant que les élections américaines ne sont pas fiables et bien sûr il s'en est servi en 2020 pour remettre en cause l'élection de Joe Biden c'est un morceau qu'il ne lâche pas et qu'il recrache régulièrement dans les médias Donald Trump il ne lâche pas le morceau et beaucoup aux états-unis craignent qu'il remette en cause les résultats à nouveau des élections de mi-mandat s'il les perdait mais exiger par exemple
[00:29:39] que tout citoyen qui veut voter prouve sa citoyenneté en quoi ça nuit uniquement aux démocrates moi je pense que dans les républicains il doit avoir beaucoup de gens sans papier et tout croche aussi si on se fie à ce qu'on connaît des états-unis non alors c'est très difficile aux états-unis parce que on le sait aux états-unis il n'y a pas de carte d'identité nationale et donc effectivement si les états-unis s'étaient dotés depuis longtemps d'une carte d'identité nationale on n'aurait pas ce débat là et là où ça se pose
[00:30:09] c'est parce qu'on n'a pas de carte d'identité nationale et que pour établir son identité la plupart des américains disposent essentiellement ou recourent essentiellement à leur permis de conduire maintenant c'est vrai que l'établissement d'un permis de conduire peut donner lieu à certaines fraudes et il y a eu effectivement certaines personnes qui ont obtenu des permis de conduire qui ont voté avec cela et qui n'étaient pas citoyens américains mais ce n'est pas une fraude d'une ampleur gigantesque donc il y a
[00:30:39] des problèmes dans le système électoral américain c'est certain mais la manière dont les aborde Donald Trump en politisant ces problèmes n'est pas la bonne manière pour les aborder on parle des midterms c'est toujours qu'est-ce qui va faire la différence le coût de la vie l'inflation l'immigration Trump lui-même l'avortement la guerre en Iran il y a beaucoup de dossiers qui ont été lancés beaucoup de promesses de M. Trump et finalement est-ce que en bon québécois il n'a pas closé très très souvent selon les observateurs non mais c'est vrai beaucoup de choses ont été dites
[00:31:09] en 24 heures je vais parler à M. Poutine puis ça va être réglé je parle à mes amis on est sur le point finalement sur quoi il va être le plus jugé c'est ça ma question oui et c'est ça justement qui lui nuit constamment Donald Trump et de sa faute c'est qu'il il les touche à tout c'est qu'il ne finit pas les dossiers c'est qu'il ne les quand il ne les réussit pas il ne les poursuit pas il change de sujet il ne se concentre pas sur l'ordre du jour qu'il avait annoncé
[00:31:39] en tant que candidat et cela lui est amèrement reproché y compris dans le camp républicain y compris au Sénat et à la Chambre de la part des députés et des sénateurs républicains en disant mais il n'a pas poursuivi son véritable son véritable programme et on le voit très bien dans le domaine économique et celui de l'inflation en particulier où les américains sont extrêmement mécontents de son bilan dans ce domaine certes il y avait une inflation sous Joe Biden mais l'inflation est cumulative par nature
[00:32:08] et on retrouve une inflation donc qui s'est accumulée depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir qui n'a fait qu'augmenter depuis qu'il a lancé cette guerre contre l'Iran le 28 février dernier et on voit que beaucoup d'Américains considèrent que leur décision se fera essentiellement sur le problème économique l'inflation mais aussi sur des dossiers comme la politique étrangère car si on dit toujours que les américains ne se décident pas sur le plan électoral sur des dossiers
[00:32:37] de politique étrangère ce n'est pas tout à fait vrai par exemple cet extraordinaire bouleversement que nous avons aujourd'hui en politique américaine sur le dossier des relations de Washington avec Israël des relations de Washington avec l'Ukraine surtout avec Israël et le mouvement pro-palestinien non seulement sur les campus universitaires mais dans l'électorat on le voit maintenant avec notamment la victoire d'Abdoul El Sayed dans la primaire démocrate du Michigan il est candidat
[00:33:07] au poste de sénateur à l'un des postes de sénateur de Michigan on verra s'il l'emporte c'est un candidat proche des fameux DSA dont je parlais tout à l'heure les Democratic Socialists of America et donc on voit que ce sont des dossiers la guerre en Iran bien sûr la guerre en Ukraine qui demeurent à l'esprit de l'électorat américain et même si ce n'est pas le dossier sur lequel ils vont se décider c'est certainement l'un dossier qu'ils ont à l'esprit
[00:33:36] parce que cela joue sur la crédibilité des États-Unis c'est une grande promesse de M. Trump qui avait dit on va garder l'argent chez nous on va arrêter de dépenser à l'étranger on va s'occuper de notre monde je résume c'est un peu ça
[00:34:05] alors que vous aviez promis d'être un président non-interventionniste il avait promis de ne pas faire de guerre sans fin alors ce n'est pas une guerre sans fin pour le moment c'est dur de se prononcer l'Iran parce que ça dure simplement depuis un peu moins de six mois mais on est loin pour le moment de la durée de la guerre d'Irak sous W. Bush c'est très très très très dispendieux aux yeux des gens qui n'arrivent pas à payer leur margarine et leur steak c'est ça la comparaison du grand public exactement oui et d'autant plus que Donald Trump parle de plein de choses
[00:34:36] il fait des choses il a fait certaines choses il a réduit le prix et le coût de nombreux médicaments il a fait pas mal de mesures en ce sens mais cela ne suffit pas parce que en plus lui en tant que personnalité politique tout à fait particulière il parle d'autres choses il parle de refaire on le sait il refait la construction de la maison blanche il parle de se faire ériger et c'est déjà bien parti maintenant et bien lancé un arc de triomphe de l'autre côté
[00:35:06] du Potomac donc il parle de choses qui sont totalement à l'antithèse des préoccupations des américains préoccupations comme tu l'as dit c'est le prix du bœuf c'est le prix de l'essence qui atteint maintenant plus de 4 dollars le gallon au niveau national donc ce n'est pas la rénovation de la maison blanche ou du centre Kennedy du centre culturel ou le lac Ontario qu'on change de nom exactement ou d'une carte
[00:35:36] des Etats-Unis et de l'Amérique du Nord recouverte d'un drapeau des Etats-Unis comme il vient de le faire sur Truth Social un drapeau qui recouvrait non seulement le Canada mais aussi de Groenland l'Islande voire le Mexique donc non ce n'est pas ça et ça ça fait s'arracher les cheveux non seulement évidemment les démocrates et les indépendants surtout dont je parlais tout à l'heure qui ne supportent pas ce genre de discours et qui souhaiteraient que le président Trump se concentre sur les problèmes économiques
[00:36:05] des américains leurs problèmes économiques mais s'arrachent les cheveux également les républicains parce qu'ils disent il va nous faire sombrer littéralement pendant les élections de mi-mandat à continuer de se focaliser sur la fameuse ballroom la salle de balle sur le centre Kennedy sur l'arc de triomphe ou les problèmes de la fameuse de la fameuse comment dirais-je de la fameuse carte d'identité qu'ils voudraient plus ou moins créer et à l'approche des midterms les républicains peuvent avoir peur
[00:36:34] de perdre des sièges dans les circonscriptions qui vont être très serrés avec un Trump très en avant qui est très impopulaire comme vous dites est-ce qu'on peut dire là-dessus que les démocrates ont un problème de mobilisation moins important qu'en 2024 par exemple Marie-Christine oui totalement sont capables un peu plus de regrouper totalement le mécontentement général au sein de l'électorat démocrate est au maximum bien sûr la mobilisation également et par ailleurs
[00:37:03] les indépendants sont en train de rejoindre on le voit dans les sondages l'opposition à Donald Trump en vue des élections de mi-mandat donc on voit que même il y a encore quelques mois la plupart des stratèges républicains et démocrates vous disaient les élections de mi-mandat bah oui il y aura une victoire du parti démocrate à la chambre mais le sénat est imprenable aujourd'hui la situation a tellement évolué la situation politique
[00:37:32] de monsieur Trump s'est tellement détériorée que ça n'est pas sûr du tout au contraire il est tout à fait possible aujourd'hui que le parti démocrate si l'élection avait lieu aujourd'hui que le parti démocrate emporte la majorité aux deux chambres et comme je le disais tout à l'heure ça serait la fin de la présidence effective de Donald Trump pour le moment il a un peu répondu dans tous les sens on lui demandait s'il jugeait important les élections de mi-mandat alors une fois il a répondu qu'il s'en moquait des élections de mi-mandat
[00:38:02] et une autre fois on le voit il organise une convention républicaine pour essayer de remobiliser sa propre base donc on voit qu'il ne s'en manque pas de trop imaginons que les démocrates reprennent la chambre ce qui est très possible dans quelques semaines qu'est-ce que ça change pour nous en fait pour le public et dans les faits politiquement concrètement pour Donald Trump dès le lendemain matin qu'est-ce que ça change pour lui comme président alors ça change les choses tout de suite parce que comme je le disais depuis des mois voire des années maintenant
[00:38:38] se sont préparés ont leur dossier en vue d'enquête parlementaire en vue de procédures d'impeachment contre lui contre son entourage on va s'attaquer beaucoup à l'homme dans le fond sur ce que tu dis oui mais à l'homme à travers des dossiers qui sont porteurs justement dans les élections de mi-mandat comme le problème de corruption pour le moment Donald Trump n'a pas été ni inculpé ni reconnu coupable de corruption ni lui ni ses fils ni sa fille ni son gendre etc
[00:39:07] mais il y a évidemment des allégations très très lourdes qui pèsent autour de Trump et de son entourage avec des bénéfices qui sont extrêmement importants qui se chiffrent en milliards depuis qu'il est arrivé à la Maison Blanche pour la Trump Organization pour d'autres entreprises auxquelles lui et ses fils par exemple ou son gendre Jared Kushner sont liés donc il y a des soupçons très forts de corruption et ce thème de la corruption est très important pour les démocrates lors de ces élections
[00:39:37] et de cette campagne qui est en cours et de même il y a un autre thème très important qui est un peu lié aux relations de Donald Trump avec les milieux d'affaires c'est le thème des fameux data centers c'est-à-dire des centres de données qui sont construits un peu partout maintenant à travers les Etats-Unis y compris dans mon ancien état de résidence de la Virginie qui est devenu quasiment la capitale des centres de données on ne peut plus aller à la campagne en Virginie sans voir un de ces centres de données en train d'être construit à côté des champs
[00:40:06] des champs d'élevage etc et ça c'est extrêmement controversé sur le terrain les gens vous disent c'est un peu comme si vous voulez pour les usines nucléaires on est relativement quand on est pour le nucléaire on est pour le nucléaire mais pas dans son jardin et bien c'est la même chose pour les centres de données on peut trouver des gens qui sont catégoriquement opposés à l'intelligence artificielle ou au développement de l'internet et qui ne veulent absolument pas de centres de données mais c'est relativement rare vous avez des gens qui sont relativement aux Etats-Unis
[00:40:36] favorables au développement de l'intelligence artificielle ils s'en servent tous les jours quasiment mais ils ne veulent pas tout comme ils ne voulaient pas d'usines nucléaires dans leur jardin ils ne veulent pas de centres de données de l'autre côté de leurs fenêtres donc c'est devenu un sujet extrêmement important et sur ce dossier Donald Trump pour le moment n'a pas pivoté c'est-à-dire qu'il demeure extrêmement favorable aux centres de données à la Silicon Valley à l'intelligence artificielle
[00:41:06] il n'a émis qu'un seul doute à propos des centres de données c'est en disant que le secteur de l'informatique les entreprises informatiques ont un problème de relations publiques à propos de l'intelligence artificielle mais il n'a pas été jusqu'à les critiquer et à critiquer ce développement un peu échevelé de centres de données à travers le pays mais c'est un problème c'est un problème très important parce que ça touche aussi à certaines parties de l'électeur MAGA de l'électorat MAGA dans l'électorat MAGA
[00:41:35] on trouve des gens qui vivent dans des zones rurales beaucoup or dans ces zones rurales vous voyez pousser comme des champignons des hangars absolument affreux et immenses dans lesquels vous avez des centres de données destinés au développement de l'intelligence artificielle donc sur autant de ces dossiers qui touchent aux relations de Trump et au secteur des affaires qui touchent aux soupçons très lourds qui pèsent de corruption sur Trump et sa famille là vous avez des tremplins pour le parti démocrate
[00:42:05] dont il se sert et dont il va se servir immédiatement après sa victoire s'il l'emporte aux deux chambres et ce qu'on verra également c'est des remises en cause de certaines politiques menées par Donald Trump Gilles c'est à dire remises en cause au niveau du congrès par exemple de la politique sur les tarifs douaniers il pourrait assez rapidement mais donc juste pour reprendre suivre ce que vous dites si les démocrates reprennent les deux chambres ce qui est maintenant plausible plus que ça l'était il y a un an est-ce que Trump
[00:42:34] devient un genre de président politiquement paralysé et c'est comme si les démocrates avaient une incidence très grande sur toutes les décisions à venir ou s'il reste quand même comme président une certaine liberté d'agir oui il a une liberté d'agir en tant que président qui fait face à une cohabitation elle est la cohabitation totale donc avec un sénat et une chambre contre lui bien sûr le président des Etats-Unis garde des pouvoirs importants notamment des pouvoirs de décret de prise de décision par décret
[00:43:04] notamment mais pas seulement mais cela dit effectivement il deviendra s'il est face à ces deux chambres dominées par les démocrates il deviendra un président très affaibli un président quasi paralysé alors cela dit on voit mal Donald Trump être complètement paralysé c'est quelqu'un qui adore le combat on l'a vu lors des festivités du 4 juillet avec le fameux combat de UFC sur les jardins de la Maison Blanche
[00:43:33] ce combat de MMA bon il est sûr qu'il bataillera jusqu'au bout qu'il va vilipender les démocrates etc mais dans les faits les démocrates auront également des pouvoirs importants des pouvoirs d'enquête des pouvoirs évidemment législatifs passer des textes il opposera probablement son veto à la plupart d'entre eux mais il pourrait trouver certains certains terrains d'entendre parce qu'il est aussi dans l'intérêt des démocrates en vue des présidentielles
[00:44:03] de 2028 de ne pas apparaître eux-mêmes comme un parti de l'extrême et donc d'apparaître en tout cas pendant ces deux années de ne pas trop en faire non plus pour essayer de se ménager ce fameux électorat indépendant et être un parti raisonnable entre guillemets exactement de se poser comme le parti de gouvernement raisonnable qui peut être l'alternative au trumpisme on va parler un peu de l'Iran parce que c'est quand même important en fait sous l'angle politique américain moi je me pose la question
[00:44:33] est-ce que c'est en train de devenir un problème politique intérieur pour M. Trump l'Iran ah bien sûr bien sûr quand on parle aux américains quand on voit les sondages effectivement comme je le disais la politique étrangère il est dans le rouge dans tous les dossiers il est dans le rouge dans les sondages et en moyenne de sondage dans le dossier économique inflation même la criminalité même l'immigration qui était son dossier le plus gagnant si on peut dire au tout début de ce second mandat c'est terminé il n'a plus de majorité de satisfaits dans le domaine de l'immigration
[00:45:02] et alors la politique étrangère c'est une catastrophe il doit être aux alentours de 36% d'approbation en moyenne de sondage en matière de politique étrangère et c'est à peu près du même niveau pour l'Iran c'est encore inférieur c'est en dessous de 30% donc on voit que cette guerre de choix cette guerre dont il n'avait pas parlé pendant sa campagne électorale de 2024 véritablement c'est une guerre qui est extrêmement impopulaire cela dit
[00:45:32] et c'est intéressant comme je le disais au tout début de l'émission sa cote de popularité générale n'est pas si mauvaise que cela en fonction face à la situation en Iran et comparée à ses prédécesseurs immédiats et aussi à la position du parti démocrate auprès de l'opinion publique américaine donc voilà où on en est pour le moment je veux dire ces élections américaines de plus en plus Gilles j'ai eu l'occasion
[00:46:02] d'en parler avec toi se joue à la marge se joue sur quelques milliers de voix on l'a vu pour la présidentielle américaine dans les états indécis que Trump a tous remportés d'une manière assez historique en 2024 mais néanmoins à quelques milliers de voix à chaque fois maintenant les élections demi-mandat les élections législatives ça devient la même chose je veux dire la plupart des sièges dont nous parlons sièges de députés sièges de sénateurs ils sont complètement solides
[00:46:31] pour le camp républicain ou pour le camp démocrate la décision se fera sur une quarantaine même pas de sièges et c'est très peu c'est très peu juste parce que les gens qui nous entendent je ne peux pas présumer qu'ils connaissent par coeur le système politique américain moi je l'avais étudié quand j'avais 18 ans puis j'en ai perdu des grands bouts mais est-ce que est-ce que ça devient est-ce que ça devient la variable la plus importante devient il faut sortir le vote parce qu'en élection on dit toujours ça il faut que les gens aient voté mais quand on a eu aux midterms
[00:47:00] est-ce que c'est vraiment le grand public ou c'est des représentants du public qui votent alors pour les primaires c'est essentiellement on s'adresse essentiellement à une base de plus en plus ultra base on l'a vu dans les primaires démocrates de cet été avec la victoire des DSA qui ont été capables de remporter certaines primaires essentiellement parce que notamment au Michigan mais ailleurs également la participation même auprès d'un électorat démocrate très important dans ces primaires était très faible et effectivement
[00:47:30] de plus en plus les élections américaines se gagnent essentiellement avec les partisans des partisans du candidat ok les partisans des partisans ok exactement parlons de la présidentielle de 2028 est-ce qu'elle a déjà commencé première question comme ça est-ce que vous pensez qu'on a déjà placé des pions en fonction d'eux absolument elle a déjà commencé cette campagne d'ailleurs on le voit parce que beaucoup des candidats ou en tout cas prétendants démocrates sont déjà sont déjà sur le terrain alors évidemment ils vous disent tous
[00:48:00] que c'est le cas d'ailleurs également des prétendants républicains c'est pareil ils vous disent tous oh non pas du tout nous on est focalisés tous sur 2026 bien sûr sur les midterms oh non non non on pense pas du tout à la présidentielle non en fait ils sont déjà ils pensent déjà évidemment à la présidentielle on l'avait dit toi et moi lors de la campagne de 2024 cette campagne de 2024 avait commencé en fait juste après les élections de Mille Mandane 2022 quand Donald Trump qui revenait d'une traversée du désert après
[00:48:30] la terrible journée du 6 janvier du 6 janvier 2021 et l'assaut du Capitole par certains de ses partisans quand Donald Trump s'était déclaré candidat à la présidentielle juste après les élections de Mille Mandat en novembre 2022 c'était la plus longue campagne présidentielle là on peut dire qu'elle a déjà commenté et elle commencera officiellement essentiellement juste après là aussi le 3 novembre prochain
[00:49:00] on a souvent dit que Gene Evans était l'héritier de Trump mais avec l'arrivée de son fils est-ce que ça vient brouiller les cartes ah oui totalement comme je disais tout à l'heure on a les moyennes des sondages du côté républicain on voit que Gene Evans est encore nettement en tête devant Rubio devant Don Jr mais il a baissé dans les sondages Gene Evans tout simplement parce que d'une part il s'est révélé lui-même un personnage controversé Gene Evans
[00:49:29] mais également parce qu'il est désormais comme je le disais associé collé aux hanches de Donald Trump complètement associé au bilan et à la personnalité et aux politiques de Donald Trump donc il a baissé dans les sondages Marco Rubio a augmenté dans les sondages il est perçu comme un ancien néo-conservateur beaucoup plus acceptable de l'establishment républicain disons qu'à tout prendre dans l'électorat républicain Bontain je dirais
[00:49:59] les gens regardent Vance regardent Rubio ils se disent bon à tout prendre on prendrait plutôt Rubio Don Jr c'est un cas complètement à part c'est pas un politicien du tout pour le moment il est sur les réseaux sociaux en permanence c'est pas exactement ce qu'il fait de sa vie en tant que d'affaires plus que son père même il réussit un peu plus que son père c'est dur et après ça vous avez des candidats mais bon
[00:50:28] pour le moment nettement très derrière on va dire le gouverneur de Floride Ron DeSantis qui était candidat face à Trump en 2024 pour la primaire mais qui n'avait pas réussi il va terminer son tout dernier mandat en tant que gouverneur de Floride évidemment il sera un peu au chômage donc il a certainement l'intention de se présenter à la primaire républicaine en vue de la présidentielle vous avez des gens également comme Ted Cruz
[00:50:58] qui est de plus en plus un petit peu murmuré ces temps-ci dans les couloirs à Washington on voit Ted Cruz là aussi comme quelqu'un sénateur du Texas ancien rival de Donald Trump en 2016 le seul candidat face à Trump qui est remporté qui est battu Trump c'est Ted Cruz il l'avait battu dans la primaire de l'Iowa ce qui n'était pas facile c'était la toute primaire républicaine de 2016 et il avait battu et bien battu Donald Trump en Iowa
[00:51:27] donc Ted Cruz a des ambitions présidentielles également et il est en ce moment très bien vu justement de l'establishment républicain qui est désespéré de trouver quelqu'un qui ne soit pas Trump et qui ne ressemble pas à Trump je veux prendre deux instants pour expliquer aux auditeurs et auditrices qu'on n'a volontairement pas touché nécessairement aux tarifs canadiens qui touchent beaucoup les Québécois et les Canadiens qui nous entendent parce qu'on avait 25 sujets puis on aurait eu besoin de 7 jours avec les problèmes techniques que vous n'avez pas entendus
[00:51:57] ça aurait été une catastrophe sans blague je veux juste dire que on en avait parlé d'ailleurs la dernière fois l'émission qu'on avait fait je crois fin 2025 comme on enregistre aujourd'hui le 8 septembre on veut juste vous dire qu'une des choses qui a été dite dans ce podcast qui se termine maintenant c'est que probablement que si jamais tel qu'anticipé les démocrates prennent beaucoup de contrôle après les midterms qu'il pourrait y avoir des changements majeurs entre autres avec les tarifs parce que leur position sans dire diamétralement opposée à Trump
[00:52:27] est très très très différente et eux autres je pense tiennent à garder une amitié économique minimum qui est là depuis 50, 75, 100 ans donc peut-être rabiboché ça peut-être donc c'est un sujet qui pourrait faire une autre chronique on pourrait revenir là-dessus dans quelques temps mais oui Gilles et c'est aussi un sujet sur lequel les républicains du congrès s'arrachent là aussi les cheveux quand ils entendent Donald Trump sur le Canada ils n'en reviennent pas non plus je veux dire
[00:52:56] les américains adorent les canadiens les américains adorent le Canada et ils sont absolument bouleversés par les propos et par les politiques mises en place par Donald Trump envers le Canada vous savez Marie-Christine je suis allé en Europe pendant trois semaines cet été je suis allé dans votre France extraordinaire et une des choses qui m'a été dite par des américains que j'ai croisés disait on trouve dommage que justement parlant de dommage je vais prendre le même mot les dommages à la réputation des américains
[00:53:26] que M. Trump fait on espère que ça ne durera pas 50 ans parce que c'est très difficile certaines personnes sont allées à Paris quand ils se sont identifiés comme des américains ils ne se sont pas fait servir tu sais c'est des choses qui sont inimaginables pour le grand public je ne parle pas des politiques américaines je ne parle pas des chefs je parle juste du grand public qui voyage qui se promène et on dit le tort qu'on a causé à la réputation de notre pays on espère que ça va se réparer oui et ça ça fait écho à ce sentiment que même si la politique étrangère n'est pas un facteur décisif pour de nombreux électeurs américains
[00:53:55] l'image des États-Unis est l'image que Donald Trump envoie des États-Unis la crédibilité qu'il a remise en code sur de certains dossiers comme l'Ukraine ou l'Iran par exemple des États-Unis de la parole américaine vis-à-vis de Canada notamment et de l'amitié et de l'alliance profonde entre le Canada et les États-Unis sont des dossiers qui atteignent à l'image des États-Unis et cela évidemment est très précieux pour les Américains merci beaucoup Marie-Christine c'est un régal de vous entendre
[00:54:24] merci pour vos lumières et bonne journée merci Gilles au revoir merci


